Face au dossier sensible des rapatriements de ressortissants guinéens depuis l’Allemagne, le chef de la diplomatie guinéenne, Morissanda Kouyaté, est monté au créneau. Lors d’un entretien avec le chargé d’affaires de l’ambassade d’Allemagne à Conakry, le ministre des Affaires étrangères a exprimé avec fermeté les préoccupations des autorités guinéennes, exigeant que toute coopération migratoire s’inscrive dans un cadre strict de respect de la dignité humaine.
« La dignité des Guinéens n’est pas négociable »
Au cœur des échanges : l’accord migratoire signé en 2018 entre les deux pays, bien avant l’arrivée de l’actuelle équipe dirigeante.
Dr Morissanda Kouyaté n’a pas éludé le sujet. S’il reconnaît la continuité de l’État, il a clairement pris ses distances avec les conditions de signature de cet accord. « Cet accord engage l’État parce qu’il a été signé par un gouvernement qui était là avant nous. C’est la continuité. Mais si nous avions été là, nous ne l’aurions pas signé. Nous assumons les conséquences. Toutefois, nous exigeons que la dignité des Guinéens soit respectée », a-t-il déclaré.
Le ministre évoque des témoignages préoccupants de compatriotes rapatriés, faisant état de situations sanitaires alarmantes. Pour lui, il est impératif de faire toute la lumière sur ces allégations.
Depuis son arrivée à la tête de la diplomatie, Morissanda Kouyaté s’est imposé comme l’un des ministres des Affaires étrangères les plus actifs et dynamiques depuis l’indépendance de la Guinée.
Son engagement constant en faveur de la protection des Guinéens établis à l’étranger s’inscrit dans une ligne claire : coopération oui, mais jamais au détriment des droits et de la dignité des citoyens.
« Nous tenons à la partie positive de notre coopération. Mais ensemble, nous devons éliminer toute dimension toxique afin que cette coopération se poursuive dans le respect mutuel », a-t-il insisté.
Une position ferme, mais diplomatique, qui traduit la volonté de Conakry de défendre ses ressortissants sans rompre les relations bilatérales.
Dans cette dynamique, le gouvernement guinéen plaide pour une pause du processus de rapatriement, le temps qu’une commission conjointe puisse examiner les conditions réelles des retours et formuler des recommandations.
Cette suspension annoncée vise à préserver les droits des citoyens tout en consolidant un partenariat équilibré entre Conakry et Berlin.
À travers cette posture assumée, le numéro un de la diplomatie guinéenne entend envoyer un message clair : la Guinée honore ses engagements internationaux, mais elle ne transige pas avec la dignité de ses fils et filles, où qu’ils se trouvent dans le monde.
Par Ousmane BANGOURA






