Le procès de l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, Mamadi Camara, s’est poursuivi ce lundi 7 avril 2025 devant la chambre de jugement de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). Au cœur des débats : le rapport provisoire de l’Inspection Générale d’État (IGE), vivement critiqué par la défense.
Les avocats de Mamadi Camara ont indiqué avoir produit des observations écrites sur ce rapport, et ont exprimé l’espoir que la Cour en prendra une lecture attentive. L’un des conseils de l’ex-ministre, Me Lanciné Sylla, a remis en cause l’impartialité de l’IGE, soulignant qu’il s’agit d’un service de l’État, donc potentiellement partial dans une affaire impliquant l’administration publique.
« Ce rapport ne respecte pas les règles de procédure applicables en matière d’expertise, notamment les droits de la défense. C’est pourquoi nous sollicitons la désignation d’un expert indépendant et impartial, capable de produire un rapport équitable », a plaidé Me Sylla. Il a également demandé que l’ensemble des pièces justificatives soient mises à la disposition du futur expert, estimant que seule une telle mesure garantirait un procès équitable, fondé sur la contradiction et l’équilibre des droits.
En réponse, le ministère public, représenté par le substitut du procureur spécial Malick Marcel Oularé, s’est opposé à cette demande. Selon lui, ordonner une contre-expertise ne ferait que retarder inutilement la procédure. Il a estimé que le prévenu avait déjà eu la possibilité de formuler ses observations sur le rapport contesté.
Après avoir entendu les différentes parties, le président de la chambre de jugement a décidé de renvoyer l’audience au 14 avril 2025, date à laquelle la Cour statuera sur la demande de contre-expertise formulée par la défense.
Par nimba224.com






