lundi, mars 2, 2026
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Le MATD lance un ultimatum aux partis politiques, Ousmane Dady Camara (RGT) dénonce une « volonté de nuire »

Ousmane Dady Camara, leader du parti RGT, a été pris de court par l’ultimatum lancé aux formations politiques par le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD). Dans un communiqué diffusé, mercredi, le ministère a rappelé l’entrée en vigueur de la nouvelle loi organique portant régime des partis politiques, fixant un délai strict de six mois pour une mise en conformité intégrale.

Adoptée le 21 novembre 2025, la loi organique LO/2025/035/CNT instaure un cadre rénové pour la création, l’organisation et le contrôle des partis en Guinée. Selon l’article 51 de ce texte, les formations existantes disposent d’une période transitoire allant du 25 novembre 2025 au 25 mai 2026 pour s’ajuster aux nouvelles règles. Passé ce délai, tout parti non conforme perdra automatiquement son statut juridique.

Le MATD exige désormais des gages concrets de structuration : Alternance et parité : Les statuts doivent garantir l’alternance démocratique et inclure un quota minimal de 30 % de femmes dans les instances de direction; Ancrage national : Preuves de propriété ou de bail pour un siège national et des représentations dans les 33 préfectures; Transparence financière : Fourniture d’un quitus fiscal pour chaque membre du Bureau Exécutif National.

La riposte cinglante d’Ousmane Dady Camara

Réagissant à cette annonce, le leader du parti RGT n’y est pas allé de main morte. Pour lui, la méthode du MATD est viciée et manque de pédagogie. « Nous l’avons appris par voie de presse, comme tout le monde. À date, le RGT n’a reçu ni invitation, ni note d’information officielle concernant cette échéance du 25 mai », déplore-t-il, avant de pointer du doigt la légitimité du Conseil National de la Transition (CNT) : « Le ministère de l’administration territoriale doit faire attention à ces lois organiques. Cette loi a été votée par un CNT en fin de mission. Dans deux mois, cet organe n’existera plus » a-t-il rappelé.

Le point de friction majeur reste l’exigence du quitus fiscal et l’implantation dans les 33 préfectures, que le leader juge déconnectées de la réalité économique des partis :

« Un parti n’est pas une entreprise à but lucratif. Sur quelle base demande-t-on un quitus fiscal aux membres du bureau exécutif ? C’est un retour à l’impôt de capitation de l’époque coloniale ! » s’insurge-t-il.

Ousmane Dady Camara souligne également l’asphyxie financière des formations politiques, privées de subventions étatiques depuis deux décennies. Selon lui, exiger 33 sièges préfectoraux financés uniquement par des cotisations de membres entre 2 000 et 5 000 GNF est une mission impossible. « Si vous voulez dissoudre les partis, faites-le officiellement par communiqué et que tout le monde soit tranquille. Car ce que vous demandez équivaut à une dissolution pure et simple », a-t-il indiqué.

Malgré cette charge virulente contre le MATD et le président du CNT, le leader du RGT a tenu à réitérer son soutien au Président de la République : « Notre soutien à Mamadi Doumbouya reste inébranlable. Nous avons fait sa promotion et souhaitons le développement du pays. Mais nous refusons cette manière illégale de mener un combat personnel contre les partis », a-t-il fait savoir.

À trois mois de l’échéance, la tension monte entre les états-majors politiques et les autorités du pays. La survie de nombreuses formations dépend désormais de leur capacité à franchir cet obstacle administratif sans précédent.

 

 

 

Lansana Yans

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