Kindia — Après un coup de filet spectaculaire, le Tribunal de Kindia ouvre un procès d’envergure contre un réseau présumé de trafiquants. Une affaire explosive qui met en lumière l’ampleur du fléau dans la région.
Le Tribunal de première instance de Kindia a ouvert, ce mercredi 30 juillet 2025, un procès inédit impliquant 39 personnes accusées de trafic, de vente ou de consommation de drogue, interpellées lors d’une opération coup de poing baptisée « Opération Piment », menée le 12 juillet dernier. Parmi les prévenus figurent un militaire en fonction, une femme et plusieurs jeunes mineurs.
Un réseau démantelé, 71 arrestations, 39 renvois devant le juge
L’opération, menée dans plusieurs quartiers de Kindia et de ses environs, avait conduit à l’interpellation de 71 individus. Après les enquêtes préliminaires, 30 ont été relâchés, faute de preuves suffisantes.
La seule femme du groupe, arrêtée à Balaya, un district de la sous-préfecture de Friguiagbé, a reconnu sa participation à la vente de chanvre indien.
« J’ai été arrêtée après avoir vendu une petite quantité. Le reste était caché sous mon lit. Il y a longtemps que je ne vends plus, mais certaines personnes viennent fumer chez moi », a-t-elle expliqué à la barre.
Le ministère public, représenté par le procureur Damou Camara, s’est constitué partie civile dans cette affaire qu’il qualifie de « procès de fermeté ». Le parquet entend faire de ce dossier un signal fort dans la lutte contre la drogue dans la région de Kindia.
« Trente-neuf personnes, dont quatre mineurs – pour lesquels une procédure spécifique est prévue – défilent à la barre. Nous avons nos arguments, que nous soumettrons à l’appréciation d’un juge impartial. Mais une chose est claire : nous serons fermes contre tous ceux contre qui les preuves sont accablantes », a martelé le procureur.
Ce procès intervient dans un contexte de montée en flèche de la consommation et du trafic de stupéfiants dans les villes secondaires, avec des ramifications jusque dans certaines institutions. La présence d’un militaire parmi les accusés illustre la dimension inquiétante du phénomène.
Le tribunal poursuit les audiences, tandis que les organisations locales de la société civile appellent à un renforcement des moyens de prévention et de réinsertion, notamment pour les jeunes en situation de vulnérabilité.
Par nimba224.com






