Conakry – Le message est clair et sans ambiguïté. Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a reçu ce mercredi les membres du Conseil d’administration de l’Association des Magistrats de Guinée (AMG). Une rencontre stratégique qui marque le ton du nouveau patron de la Chancellerie.
Ancien président de l’Association, le Garde des Sceaux a dit se sentir « chez lui ». Mais au-delà de la proximité, c’est une ligne de fermeté qu’il a tracée devant ses anciens collègues.
Face aux membres du Conseil d’administration, le ministre a appelé à l’instauration d’une véritable culture de l’excellence au sein de la magistrature guinéenne. Professionnalisme, rigueur et diligence dans le traitement des dossiers doivent désormais être la norme.
« Aucune complaisance ne sera tolérée », a-t-il martelé, insistant toutefois sur une distinction essentielle : la diligence ne doit jamais rimer avec précipitation.
Le ministre a également exhorté l’Association à renforcer le respect de l’éthique et de la déontologie, piliers d’une justice crédible. Il a rappelé que l’indépendance de la magistrature constitue un socle intangible de l’État de droit.
Dans un contexte de forte exposition médiatique, il a aussi mis en garde contre les dérives liées à l’usage des réseaux sociaux, appelant les magistrats à davantage de prudence et d’exemplarité.
Tout en se déclarant ouvert au dialogue et disposé à accompagner l’AMG dans ses initiatives, il a tenu à rappeler qu’il demeure « le ministre de la Justice de tous les citoyens ». Au nom du Conseil d’administration, Morlaye Soumah, secrétaire général et président par intérim de l’Association, a assuré le ministre du soutien de la magistrature : « Votre réussite est notre réussite », a-t-il déclaré.
Il a promis que les éventuelles divergences seront traitées dans la concertation, afin de préserver la sérénité de l’institution. Même son de cloche du côté du chargé de communication de l’Association, Magloire Kouadio, qui a salué la qualité des échanges et réaffirmé l’engagement des magistrats à exercer leurs fonctions dans le strict respect des textes.
Au-delà d’une simple prise de contact, cette rencontre acte une nouvelle dynamique au sein du système judiciaire.
Le cap est fixé : restaurer la confiance des citoyens passe par discipline, intégrité et tolérance zéro face aux manquements.
Par F. KEÏTA






