CONAKRY – L’intelligence artificielle s’invite au cœur de la gouvernance publique guinéenne. Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Amadou Oury Bah, a présidé la cérémonie d’ouverture de la deuxième édition du Forum international des Secrétariats généraux de Gouvernement, consacrée au thème : « L’intelligence artificielle au service de la plateforme gouvernementale ».
Organisée par le Secrétariat général du Gouvernement, cette rencontre internationale ambitionne de renforcer la coopération entre les administrations publiques et d’identifier les solutions technologiques susceptibles d’améliorer la préparation des décisions, l’efficacité administrative et la gestion des ressources publiques.
Dans son discours d’ouverture, Amadou Oury Bah a mis en lumière les possibilités offertes par l’intelligence artificielle pour transformer les méthodes de travail de l’administration. Recherche documentaire, analyse juridique, préparation des décisions gouvernementales et suivi des réformes : autant de domaines dans lesquels ces technologies pourraient contribuer à accélérer les procédures et à améliorer la qualité de l’action publique.
Le Premier ministre a également insisté sur les perspectives ouvertes par la digitalisation des marchés publics. L’intelligence artificielle pourrait notamment faciliter l’analyse des coûts, aider à repérer les anomalies et contribuer au renforcement de la transparence dans la gestion des ressources de l’État.
Mais cette transformation numérique ne saurait se limiter à l’adoption de nouveaux outils. Elle suppose également des mécanismes de contrôle, une gouvernance rigoureuse des données et une utilisation responsable des technologies.
Si l’intelligence artificielle représente une opportunité pour moderniser l’administration, elle soulève aussi des enjeux majeurs de confidentialité, de cybersécurité et de souveraineté numérique.
Sur ces questions, le Chef du Gouvernement a rappelé un principe fondamental : « La responsabilité de la décision reste humaine. »
Un avertissement qui souligne la nécessité de maintenir l’intervention humaine au centre des décisions publiques, tout en veillant à la protection des données sensibles et à la sécurisation des systèmes numériques de l’administration.
L’enjeu est donc double : tirer parti des performances de l’intelligence artificielle sans compromettre les exigences éthiques, juridiques et institutionnelles qui encadrent l’action gouvernementale.
Dans son allocution de bienvenue, le ministre Secrétaire général du Gouvernement, Tamba Benoît Kamano, est revenu sur les acquis de la première édition du forum, organisée en 2025, notamment l’institutionnalisation du réseau international des Secrétariats généraux de Gouvernement.
Pour cette deuxième édition, les travaux s’articuleront autour de huit ateliers thématiques consacrés à la coopération administrative et aux usages responsables de l’intelligence artificielle.
Au nom des délégations participantes, Jean Albert Ekumbaki Ombata a salué l’accueil réservé par les autorités guinéennes et souligné l’importance du partage d’expériences entre les pays pour moderniser les administrations publiques.
Au-delà des outils technologiques, Amadou Oury Bah a appelé à renforcer la coopération entre les administrations, à investir dans la formation des agents publics et à mobiliser les chercheurs ainsi que les compétences de la jeunesse.
L’objectif est de faire de l’intelligence artificielle un véritable levier de modernisation, d’efficacité et de performance de l’action gouvernementale.
Reste désormais le défi de la mise en œuvre : traduire les ambitions affichées lors de ce forum en solutions concrètes, sécurisées et adaptées aux réalités des administrations publiques.
Car si l’intelligence artificielle peut accélérer la transformation de l’État, son efficacité dépendra aussi de la qualité des données, de la préparation des agents et de la capacité des institutions à en maîtriser les usages.
Par nimba224.com






