Conakry – C’est un tournant décisif pour la République de Guinée. Le Pacte d’Entente Nationale pour la paix, la cohésion sociale et la réconciliation a été officiellement signé ce jeudi à l’hôtel Kaloum, en présence des autorités coutumières, religieuses, régionales, des partenaires internationaux et du gouvernement. Un moment solennel qui marque la volonté collective des Guinéens de refermer le chapitre des tensions identitaires et politiques pour construire un avenir fondé sur l’unité.
Fruit de plusieurs mois de recherches menées dans toutes les régions du pays par le Centre International de Recherche et de Documentation (CIRD), avec l’appui du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), ce Pacte n’est pas qu’un simple document : il est un contrat moral, symbolique et politique, un engagement fort pour faire triompher la paix par l’action concertée.
« Vivre ensemble ne se limite pas à coexister. Cela signifie partager, dialoguer, se reconnaître dans un destin commun », a expliqué Safiatou Diallo, directrice exécutive du CIRD. Elle a souligné que cette initiative est née d’une consultation nationale inédite : des entretiens avec les citoyens, les coordinations régionales, les leaders religieux, les jeunes, les femmes… pour comprendre les peurs, les attentes, les traumatismes, mais surtout l’espérance.
Le Pacte engage chaque partie à rompre avec les pratiques délétères du passé. Les coordinations régionales s’engagent à rejeter toute manipulation identitaire, les autorités coutumières à jouer pleinement leur rôle de médiateurs justes, et l’État s’oblige à garantir l’équité, la justice et la protection des droits.
Le Représentant résident du PNUD, Antony Ohemeng-Boamah, a salué un processus « inclusif, participatif, enraciné dans les réalités locales ». Il a appelé à ce que le Pacte devienne une « boussole éthique et politique », insistant sur la responsabilité collective d’en faire un levier de transformation sociale durable.
Même son de cloche du côté de la Coordinatrice résidente du système des Nations-Unies, Christelle Younes, qui y voit une volonté affirmée de panser les blessures du passé et d’ériger une société fondée sur le respect, la solidarité et le dialogue.
Présidant la cérémonie, le Premier ministre Amadou Oury Bah, représentant le gouvernement de la transition, a signé le Pacte au nom de l’exécutif. Dans une déclaration forte, il a rappelé que cet acte « engage des millions de Guinéens » à consolider la stabilité nationale et à faire du dialogue un outil permanent de résolution des contradictions.
« C’est un engagement solennel pour bâtir une paix durable, garante d’un avenir commun », a-t-il martelé.
Le Pacte comprend des principes directeurs pour la médiation et la gestion des différends. Il prévoit également une révision après trois ans, afin de tenir compte de l’évolution du contexte sociopolitique et des réalités locales.
L’objectif est clair : transformer les valeurs du Pacte en actions concrètes, appuyées par des feuilles de route partagées, des formations, des campagnes de sensibilisation, et des mécanismes d’alerte précoce.
En scellant ce Pacte, la Guinée choisit l’unité contre la division, le dialogue contre la confrontation, l’avenir contre le passé.
Ce jeudi 10 juillet 2025 pourrait bien rester dans l’histoire comme le jour où la Guinée a repris en main son destin commun.
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