CONAKRY – Plusieurs mois de silence. Depuis mai 2024, une chape de plomb s’est abattue sur les médias privés en Guinée. Trois des plus influents groupes de presse — Djoma, Espace et FIM — ont été contraints de cesser toute activité après le retrait de leurs agréments et fréquences par les autorités de la transition. Motif invoqué : le non-respect du cahier des charges, selon un communiqué du ministère de l’Information.
Conséquence directe : écrans noirs, ondes brouillées, et une population privée de ses principales sources d’information indépendante.
À Conakry, la frustration est palpable. Un citoyen, qui a préféré garder l’anonymat, décrit ce nouveau quotidien : « Je regarde toujours le journal du soir, mais ce n’est plus comme avant. Quand les télévisions privées diffusaient, on avait plusieurs points de vue. Aujourd’hui, il ne reste que la RTG, et tout ce qu’on y dit est filtré. C’est à la faveur de l’État, donc on est mal informés. »
Pour beaucoup de Guinéens, cette situation s’apparente à une privation. Les émissions de débat, les reportages critiques et les journaux indépendants faisaient partie intégrante de leur routine. « Moi, je suis accro à l’information. C’est comme manger. Aujourd’hui, ça me manque », confie un autre habitant de la capitale, nostalgique des voix désormais réduites au silence.
Le 22 mai 2024, le couperet est tombé : quatre radios et une télévision interdites d’antenne. Une décision qui continue d’alimenter l’incompréhension et la colère d’une partie de l’opinion, pour qui ces médias représentaient l’un des derniers espaces de liberté d’expression dans le pays.
Aujourd’hui, la Guinée vit au rythme d’une information centralisée, contrôlée, et surtout appauvrie. Pendant ce temps, une population en quête de vérité cherche désespérément des canaux pour rester connectée au réel.
Par O. Bangoura





