mercredi, février 11, 2026
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Guinée-Bissau : la société civile ouest-africaine somme la CEDEAO d’agir

À quelques heures de la 68ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, prévue le 14 décembre 2025 à Abuja, la pression monte autour du dossier bissau-guinéen. Une coalition de 17 organisations et mouvements de la société civile ouest-africaine interpelle vigoureusement l’organisation régionale et l’exhorte à sortir de sa réserve face à une crise politique jugée « grave et préoccupante » en Guinée-Bissau.

Dans une déclaration rendue publique le 13 décembre à Abuja, ces acteurs dénoncent un blocage délibéré du processus post-électoral, consécutif à la prise de contrôle des institutions par les forces armées le 26 novembre 2025, soit à peine trois jours après la tenue des élections présidentielle et législatives du 23 novembre.

Pour la société civile, cette intervention militaire a purement et simplement paralysé la proclamation des résultats, plongeant le pays dans une nouvelle impasse institutionnelle. Les signataires réfutent par ailleurs la thèse d’un « coup d’État » et parlent plutôt d’un « complot d’État », qu’ils attribuent au président sortant, Umaro Sissoco Embaló, avec le soutien de l’armée. Objectif présumé : empêcher la publication des résultats et confisquer la volonté exprimée dans les urnes.

Les organisations rappellent que le scrutin du 23 novembre avait été largement salué par les observateurs nationaux et internationaux comme calme, crédible et transparent. Dans ce contexte, estiment-elles, le silence ou l’inaction de la CEDEAO serait lourd de conséquences. Elles appellent l’institution régionale à exiger immédiatement la publication des résultats, présentée comme la seule voie pour garantir une transition démocratique pacifique et inédite en Guinée-Bissau.

Sur le plan juridique, la coalition balaie les arguments avancés pour justifier le blocage. La destruction supposée de documents à la Commission nationale électorale ne saurait, selon elle, remettre en cause le processus électoral. Des copies certifiées des procès-verbaux existent toujours au niveau des commissions régionales et des autorités locales, avec la même valeur légale que les originaux, conformément à la loi électorale.

Forte de ces éléments, la société civile ouest-africaine appelle la CEDEAO à hausser le ton, à accentuer la pression diplomatique sur les autorités militaires et à soutenir l’installation rapide du président démocratiquement élu. Elle n’exclut pas le recours à des mesures coercitives ciblées contre les responsables présumés de cette crise.

La déclaration exige également la libération immédiate de Domingos Simões Pereira, ancien Premier ministre et figure centrale de l’opposition, ainsi que de tous les acteurs politiques détenus arbitrairement. Les autorités de transition sont invitées à coopérer sans délai avec la CEDEAO et la communauté internationale afin de permettre l’investiture du président élu.

Pour la société civile ouest-africaine, l’équation est claire : sans publication des résultats et sans respect du verdict des urnes, aucune stabilité durable ni paix véritable ne seront possibles en Guinée-Bissau.

 

 

 

Par nimba224.com

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