Alors que la grogne des enseignants communaux non intégrés à la fonction publique s’intensifie, le secrétaire général du Syndicat national de l’Éducation (SNE), Michel Pépé Balamou, appelle à l’unité et à la concertation entre les différentes organisations syndicales du secteur pour trouver une issue à la crise.
Ce lundi, ces enseignants ont de nouveau manifesté à Conakry pour exiger leur intégration. Réagissant à cette mobilisation, Michel Pépé Balamou a rappelé que la situation des anciens contractuels communaux non retenus à l’issue de l’évaluation pratique demeure une préoccupation majeure pour son syndicat.
« Cette question figure dans notre plateforme revendicative actuellement en phase de mémorandum. Un protocole additionnel a d’ailleurs été signé avec le gouvernement le 4 avril 2024, prévoyant le paiement de primes sur six mois, à raison d’un million de francs guinéens par mois. Si un premier groupe a reçu ces primes, le second, lui, attend toujours. C’est une violation du protocole signé », a-t-il dénoncé.
Le secrétaire général du SNE a souligné les conditions de travail difficiles de nombreux enseignants contractuels, notamment dans les zones rurales, où certains titulaires refusent d’exercer en raison des contraintes du milieu.
« Ces jeunes enseignants travaillent dans des conditions très précaires, parfois abandonnés à eux-mêmes. Peu importe la forme d’action syndicale, l’essentiel est qu’ils soient enfin intégrés et reconnus par l’État », a-t-il insisté.
Michel Pépé Balamou plaide pour la mise en place d’un cadre formel de dialogue entre le gouvernement et les partenaires sociaux afin de désamorcer la crise et de bâtir une solution durable. Il rappelle que le déficit national en enseignants avoisine les 18 000 postes, un chiffre confirmé récemment par le ministre de l’Enseignement pré-universitaire, Jean Paul Cedy, lors de la Journée mondiale des enseignants.
« Ce déficit démontre l’urgence d’un recrutement massif. Il faut non seulement régulariser la situation des contractuels, mais aussi renforcer le corps enseignant pour garantir une éducation de qualité partout en Guinée », a plaidé le syndicaliste.
Face à la multiplication des mouvements de protestation, le SNE appelle à une synergie d’action entre toutes les organisations syndicales afin de défendre efficacement la cause des enseignants contractuels.
« Ce combat dépasse les structures syndicales. C’est une question d’équité et de justice sociale. L’État doit respecter ses engagements et valoriser ceux qui, depuis des années, assurent la continuité du service public de l’éducation », a conclu Michel Pépé Balamou.
Par F. Keita






