Conakry – Le Fonds de Garantie des Prêts aux Entreprises (FGPE) traverse une nouvelle zone de turbulences. Ce mercredi, une session extraordinaire du Conseil d’Administration s’est tenue dans les locaux de l’Association Professionnelle des Banques, réunissant les membres du Conseil et la Direction Générale. À l’ordre du jour : le suivi des recommandations du précédent Conseil tenu le 20 février 2025, les comptes rendus des comités d’investissement, de rémunération et d’audit, ainsi que des points divers.
Mais derrière cette apparente routine institutionnelle, le malaise est palpable. Cette réunion intervient dans un climat tendu, quelques jours après une Assemblée Générale du personnel durant laquelle les travailleurs, par la voix de leur syndicat et en présence de la FESABAG, ont dénoncé sans détour les dérives de gestion du Directeur Général et exigé le respect de l’éthique au sein de l’institution. Ils contestent notamment la légitimité du DG, estimant qu’il ne répond pas aux critères réglementaires et professionnels exigés par les textes fondateurs du FGPE.
Le Conseil d’Administration a exprimé sa vive préoccupation face à l’inaction du DG sur plusieurs recommandations cruciales issues du comité d’audit. Malgré un engagement formel, aucune mise en œuvre n’a été constatée, alors que les délais sont largement dépassés.
Autres griefs soulevés : des recrutements effectués par le DG — notamment ceux du Directeur Administratif et Financier ainsi que du DRH — sans consultation de son adjoint, ni respect de la chaîne hiérarchique. Le Conseil a également noté, avec inquiétude, la volonté persistante du DG de procéder à des licenciements, sur la base d’un rapport encore attendu du cabinet Trust Africa, missionné à cet effet.
Le président par intérim du Conseil d’Administration a précisé qu’une nouvelle session se tiendra dans un mois. Il a averti que des décisions fermes — favorables ou non — seront prises en fonction du respect ou non des recommandations émises lors de cette session.
Les recommandations phares formulées sont les suivantes :
- Renforcement de la collaboration entre le DG, son adjoint et l’ensemble du personnel pour l’atteinte des objectifs ;
- Placement des ressources disponibles hors budget de fonctionnement en DAT (dépôts à terme) ;
- Recherche d’agrément officiel pour la Direction Générale et les administrateurs ;
- Régularisation des réserves formulées par le commissaire aux comptes.
Créé pour soutenir les PME face à la frilosité du crédit bancaire, le FGPE est censé incarner rigueur, expertise financière et vision stratégique. Or, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer l’inadéquation du profil du Directeur Général actuel. Ce dernier ne dispose ni d’un parcours bancaire avéré, ni de l’expérience professionnelle requise (au moins 10 ans dans le secteur financier), comme l’exige pourtant le règlement du Fonds.
Dans un geste interprété comme une volonté d’étouffer l’affaire, la Direction Générale aurait confié l’exclusivité de la communication sur cette session à la RTG, écartant délibérément les médias privés. Pourtant, une équipe de journalistes présents sur les lieux n’a pu obtenir aucun commentaire du DG, qui a préféré fuir les questions et garder un silence lourd de sens.
Ce nouvel épisode confirme l’ampleur du malaise au sein du FGPE. À travers cette session extraordinaire, le Conseil d’Administration semble vouloir reprendre la main et affirmer son autorité. Reste à savoir si le Directeur Général acceptera de se plier aux exigences ou s’il continuera à faire cavalier seul au risque de précipiter l’institution dans une crise profonde.
À suivre…
Par Ousmane Bangoura





