lundi, février 9, 2026
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Fiscalité minière : la Guinée en première ligne pour une nouvelle ère de souveraineté économique

À Conakry, l’État met la pression sur les revenus du secteur extractif. À l’occasion d’un atelier régional organisé par le FAFOA, les autorités guinéennes appellent à un nouveau modèle de gestion basé sur la transparence, la transformation locale et le renforcement des capacités fiscales.

Le rideau s’est levé ce lundi sur un atelier régional d’importance capitale, axé sur le renforcement des capacités de contrôle fiscal et l’échange d’informations dans le secteur extractif en Afrique de l’Ouest. Organisé par le Forum Africain des Administrations Fiscales (FAFOA), avec le soutien de la Banque mondiale, cet évènement a réuni experts, décideurs et représentants de plusieurs pays de la sous-région, dans un contexte où les recettes issues des ressources naturelles demeurent largement sous-exploitées.

Dans son discours d’ouverture, Mme Fatoumata Foula Diallo, Directrice Générale des Impôts, a rappelé l’urgence d’agir.

« Cet atelier intervient à un moment crucial, où nos États doivent sortir de la dépendance à l’exportation brute des ressources. Le secteur extractif est complexe, mais il peut devenir un levier puissant pour le financement du développement, à condition de renforcer nos outils de contrôle fiscal et de lutte contre la fraude », a-t-elle déclaré.

La patronne de la DGI a également salué le choix de la Guinée comme pays hôte, tout en appelant à la formulation de recommandations concrètes, applicables à l’échelle régionale.

Prenant la parole à son tour, le Premier ministre Amadou Oury Bah a livré un discours fort, porteur d’une vision stratégique affirmée pour la Guinée. Il a rappelé que depuis le 5 septembre 2021, un nouveau cap a été engagé par les autorités de la transition, rompant avec la logique d’un pays simplement extracteur de minerais.

« Ce changement n’est pas une réaction émotionnelle. C’est une décision structurée, nourrie par une volonté claire de transformer nos matières premières localement et de capter toute la richesse que Dieu nous a donnée », a-t-il martelé.

Il a également souligné que l’objectif à l’horizon 2026 est clair : recenser, valoriser et sécuriser l’ensemble des revenus miniers non collectés, avec l’appui du ministère du Budget et de celui de l’Économie et des Finances.

Mettant en lumière les priorités du gouvernement, le chef du gouvernement a affirmé que la Guinée, au-delà de son image de pays minier, reste fondamentalement un pays à vocation agricole.

« Nous devons exploiter le secteur minier pour financer la transformation de notre agriculture. C’est là notre objectif stratégique », a-t-il précisé.

Cette ambition passe par une transformation locale accrue, une meilleure traçabilité des revenus, et la mise en place d’un Institut Minier Continental, dont la Guinée souhaite accueillir le siège. Une telle structure permettrait, selon lui, de concentrer les expertises régionales et de renforcer la souveraineté économique des États ouest-africains.

Alors que les financements extérieurs se font de plus en plus rares, le Premier ministre appelle à une autonomie financière assumée, en particulier dans le secteur agricole.

« Ne comptons plus sur la dette pour avancer. Cela n’a pas produit les résultats attendus. Il est temps de miser sur nos propres ressources, de les collecter efficacement, et de bâtir une économie solide, souveraine et durable. »

Cet atelier du FAFOA, au-delà des discours, marque une étape clé dans la construction d’une nouvelle gouvernance minière en Afrique de l’Ouest. Les jours à venir permettront de formuler des recommandations concrètes, pour que la fiscalité extractive devienne un véritable levier de développement au service des populations.

 

Par Ousmane Bangoura

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