CONAKRY – À l’orée d’une campagne électorale décisive, le régulateur des médias hausse le ton. Réunie ce samedi avec les patrons de presse, responsables d’associations et journalistes, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a fixé les règles d’une couverture qu’elle veut irréprochable : équitable, transparente et strictement encadrée.
Malgré un léger report du calendrier électoral, l’institution a maintenu cette rencontre stratégique. Pour son président, Boubacar Yacine Diallo, il n’était pas question de relâcher la pression. « Le scrutin n’ayant été décalé que d’une semaine, il était impératif de préparer les médias sans délai », a-t-il affirmé.
Le dispositif dévoilé marque une volonté claire de maîtrise. Les candidats à la liste nationale enregistreront leurs messages à la Radio Télévision Guinéenne (RTG), avant une diffusion synchronisée sur l’ensemble des médias publics, de la télévision nationale aux radios rurales.
Sur le terrain, la HAC déploie un maillage couvrant l’ensemble du territoire avec 32 radios rurales mobilisées pour relayer la campagne. À Coyah, dépourvue de radio rurale, une station privée a été réquisitionnée pour assurer la continuité de la couverture.
Fait inédit, treize radios privées ont été intégrées au dispositif dans la capitale. Une ouverture contrôlée qui élargit le spectre médiatique tout en maintenant une supervision stricte du régulateur.
Face aux médias, la HAC trace une frontière nette. Aucun traitement préférentiel ne sera toléré. « Tout espace accordé à un candidat doit l’être à tous, dans les mêmes conditions », a martelé Boubacar Yacine Diallo.
Si la publicité politique reste autorisée, elle est soumise à des règles strictes : identification claire, séparation totale avec les contenus éditoriaux et exclusion des espaces réservés à la campagne officielle.
Consciente du poids du numérique, la HAC annonce une directive spécifique pour encadrer les contenus diffusés en ligne. Toute plateforme ou page impliquée dans la campagne sera désormais sous surveillance. Les simples usages personnels, eux, ne sont pas concernés.
Autre mesure forte : les journalistes candidats ou affichant un soutien politique devront se retirer de l’exercice du métier durant toute la campagne. Une décision destinée à préserver la crédibilité de l’information et éviter tout conflit d’intérêts.
« Notre objectif n’est pas de sanctionner, mais de faire respecter la loi », a insisté le président de la HAC.
À travers ce cadrage rigoureux, la Haute Autorité de la Communication entend prévenir les dérives, restaurer la confiance et garantir un traitement médiatique équilibré à l’approche d’élections cruciales pour l’avenir démocratique de la Guinée.
Par M. DIALLO






