Conakry – La justice guinéenne a tranché dans une affaire emblématique de la lutte contre les stupéfiants. Douze jeunes, interpellés lors d’une opération de sécurisation dans les quartiers de Simambossiya, Yimbaya et environs, ont comparu ce mardi devant le tribunal de Dixinn, siégeant exceptionnellement dans les locaux de la mairie de Ratoma. À l’issue du procès, neuf ont été reconnus coupables de détention, consommation ou vente de substances psychotropes, tandis que trois ont été relaxés pour faits non constitués.
Les accusés avaient été arrêtés le 3 juillet dernier lors d’une opération conjointe menée par des unités de la BAC, de la Brigade de recherche, de la CMIS et des commissariats centraux de Conakry. Cette mission visait à démanteler un réseau présumé de jeunes consommateurs et revendeurs de chanvre indien. Parmi les interpellés : un élève, une jeune fille, des ouvriers et un agent de sécurité privée. Même un ressortissant ghanéen figurait dans le groupe.
Les prévenus sont :
- Mamadou Dian Diallo
- Tony Wantana (de nationalité ghanéenne)
- Alhassane Camara
- Moussa Bella Diallo
- Alhassane Diallo (fils de Amadou Oury Diallo)
- Lamine Kourouma
- Mamadou Alpha Diallo
- Fatoumata Sylla
- Alhassane Diallo (fils de Abdourahmane Diallo)
- Mohamed Lamine Camara
- Sékou Kaba
- Alhassane Bangoura
Ils étaient poursuivis pour violation des articles 832 et suivants du Code pénal guinéen relatifs aux infractions liées aux substances psychotropes.
Présidée par Mme Damba Oularé, l’audience s’est déroulée en présence du procureur Amara Camara et du greffier Me Alpha Oumar Doumbouya. Tour à tour, les prévenus ont nié toute implication dans les faits qui leur étaient reprochés, contestant même avoir été en possession de chanvre indien au moment de leur arrestation.
Malgré ces dénégations, le ministère public a requis des peines allant de six mois à un an d’emprisonnement avec sursis, accompagnées d’amendes allant jusqu’à cinq millions de francs guinéens. Il a en outre demandé la libération de trois prévenus pour absence de preuves.
Le tribunal a relaxé Alhassane Diallo (fils de Amadou Oury Diallo), Moussa Bella Diallo et Mohamed Lamine Camara, pour délit non constitué. En revanche, les neuf autres ont été déclarés coupables :
- Lamine Kourouma : 6 mois de prison avec sursis, 2 millions GNF d’amende
- Tony Wantana, Sékou Kaba, Alsény Diallo, Fatoumata Sylla, Mamadou Alpha Diallo, Alhassane Diallo (fils d’Abdourahmane Diallo), Alhassane Bangoura, Mamadou Dian Diallo : 3 mois de prison avec sursis et 500 000 GNF d’amende chacun
Le tribunal a également ordonné la saisie et la destruction des stupéfiants saisis (scellé N°102/25), tout en restituant le sac de savons appartenant à Mohamed Lamine Camara.
Ce jugement s’inscrit dans la volonté affichée des autorités judiciaires de durcir le ton contre la prolifération des drogues dans les milieux jeunes à Conakry. La justice rappelle ainsi que toute implication – même mineure – dans le circuit des stupéfiants, entraîne des conséquences pénales, même avec sursis.






