dimanche, mars 29, 2026
AccueilACTUALITÉSDissolution des partis politiques : Ousmane Gaoual Diallo reconnaît son échec à...

Dissolution des partis politiques : Ousmane Gaoual Diallo reconnaît son échec à l’UFDG et relance la bataille politique

CONAKRY – Le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, est sorti du silence. Face à la presse ce vendredi 27 mars 2026, le ministre des Transports s’est longuement expliqué sur la dissolution de 40 partis politiques, une décision qui frappe de plein fouet son ancienne formation, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). Interrogé sans détour sur les conséquences personnelles de cette mesure, il a reconnu un revers politique majeur, tout en refusant de parler de défaite définitive.

« Bien sûr que je n’ai pas réussi. Si j’avais réussi, je serais président de l’UFDG », a-t-il lâché devant les journalistes. Pour lui, cet échec ne peut être réduit à une ambition individuelle avortée. Il parle plutôt d’un « échec collectif », imputable selon lui aux luttes internes et au refus de certains responsables de céder la direction du parti. « Il y en a qui ont préféré voir le parti dissous plutôt que de céder la présidence », a-t-il affirmé, dénonçant au passage un manque de démocratie interne au sein de plusieurs formations politiques aujourd’hui dissoutes.

Dans un ton critique, le porte-parole du gouvernement a élargi le débat bien au-delà de son cas personnel. Selon lui, la crise actuelle des partis politiques en Guinée trouve d’abord son origine dans l’absence de compétition démocratique au sein même des structures politiques. « C’est facile de dire qu’il n’y a pas de démocratie dans le pays. Mais comment voulez-vous qu’elle existe si, dans nos propres organisations politiques, elle n’est pas respectée ? », s’est-il interrogé, visiblement déterminé à retourner les critiques contre les formations concernées.

Malgré cet aveu d’échec, Ousmane Gaoual Diallo ne renonce pas à ses ambitions. Il affirme toujours vouloir rassembler les anciens acteurs politiques autour d’un nouveau projet. Son objectif, dit-il, reste inchangé : prendre la tête d’une formation politique, la moderniser et lui donner « une nouvelle perspective ». « Quand on choisit d’être homme politique, on le reste. Nous avons des convictions et la volonté de les partager avec nos compatriotes », a-t-il insisté.

Ancien cadre influent de l’UFDG, Ousmane Gaoual Diallo s’était imposé comme l’une des figures les plus visibles du parti, bénéficiant d’une forte popularité auprès de la base militante. Élu député uninominal de Gaoual en 2013 sous la bannière de cette formation, il avait ensuite gravi les échelons jusqu’à devenir coordinateur de la cellule de communication. Mais ses relations avec la direction du parti, et notamment avec son président, se sont fortement dégradées après son emprisonnement sous le régime d’Alpha Condé.

La rupture est devenue définitive après son entrée dans le gouvernement de transition, décision qui a conduit à son exclusion de l’UFDG. Une exclusion qu’il n’a jamais reconnue, préférant engager une fronde avec d’autres cadres exclus ou démissionnaires, tout en affichant ouvertement son ambition de prendre la présidence du parti.

C’est dans ce climat de tensions internes profondes que l’UFDG a d’abord été suspendue, avant d’être définitivement dissoute le 6 mars 2026, en même temps que 39 autres partis politiques, par décision du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation.

Aujourd’hui, si la page de l’UFDG semble tournée pour lui, Ousmane Gaoual Diallo ne cache plus ses intentions : rester au cœur du jeu politique et reconstruire une nouvelle force. Une bataille qui, visiblement, ne fait que commencer.

 

 

 

Par M. DIALLO

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -
CIAO

Most Popular

Recent Comments