CONAKRY – La Confédération Générale des Entreprises de Guinée (CGE-GUI) est passée à l’action. Comme annoncé dans nos précédentes publications, l’organisation patronale a officiellement lancé une réunion de grande envergure avec l’ensemble de ses membres afin de faire face à la crise de liquidités qui secoue le pays et d’identifier des mesures urgentes pour mettre fin à la rareté du cash.
À l’initiative de son président, Ansoumane Kaba, cette rencontre stratégique a permis de revenir en détail sur l’audience accordée au patronat par le chef de l’État le mercredi 25 mars dernier. Devant les opérateurs économiques réunis, le patron de la CGE-GUI a tenu à restituer fidèlement le contenu de cet échange, jugé déterminant pour la suite.
« Le secrétariat de la CGE-GUI vous a conviés aujourd’hui pour vous rendre compte de l’entretien que nous avons eu avec le président de la République. Nous avons été invités sans connaître l’ordre du jour. Une fois sur place, nous avons été installés sans qu’aucun détail ne nous soit communiqué », a-t-il expliqué d’entrée, devant une salle composée de chefs d’entreprise, de représentants du patronat et d’acteurs économiques.
Selon Ansoumane Kaba, la rencontre a réuni, autour du président de la République, plusieurs acteurs clés de l’économie et des institutions : le patronat, les deux chambres consulaires, des membres du gouvernement dont le ministre de l’Économie, le gouverneur de la Banque centrale, ainsi que de hauts responsables sécuritaires. Un format qui en dit long, selon lui, sur l’importance stratégique accordée à la situation actuelle.
Le président de la CGE-GUI a ensuite rapporté un message sans ambiguïté du chef de l’État. Revenant tout juste de l’inauguration du nouveau siège de la Banque centrale, celui-ci aurait indiqué avoir volontairement renoncé à prononcer un discours public afin de transmettre directement son message au secteur privé, charge ensuite au patronat de le relayer auprès des opérateurs économiques.
Message central : pour le chef de l’État, il n’existe pas de véritable crise de liquidités. Selon lui, la situation actuelle serait plutôt la conséquence d’un manque de dialogue entre les acteurs économiques et d’un déficit de confiance au sein du système. Une position qui, d’après Ansoumane Kaba, a été « clairement exprimée dès le début » et qui a été favorablement accueillie par le patronat, lequel réclame depuis plusieurs mois un cadre de concertation permanent.
Au terme de son intervention, le président de la République aurait ouvert la parole aux représentants du secteur privé afin qu’ils proposent des solutions concrètes et formulent des recommandations. Une démarche que la CGE-GUI entend désormais prolonger à travers cette réunion élargie, avec l’objectif affiché de dégager rapidement des mesures capables de restaurer la confiance et de remettre en circulation les liquidités dans le pays.
Avec cette rencontre, le patronat guinéen veut envoyer un signal clair : face à la crise, l’heure n’est plus au constat, mais à l’action. Une prise de position qui pourrait peser lourd dans les prochains jours, alors que la tension monte sur le marché financier national.
Par M. DIALLO






