CONAKRY — Après plusieurs mois de bras de fer social, le Syndicat des Professionnels de la Presse de Guinée (SPPG) a annoncé ce samedi 4 octobre 2025 la fin du processus de paiement des indemnités dues aux 12 journalistes licenciés en avril dernier à Radio Nostalgie, ainsi que le règlement partiel des arriérés de salaires des employés toujours en poste.
Selon un communiqué du syndicat, « le processus de paiement, entamé le 30 septembre à la direction de la radio Nostalgie, s’est achevé ce samedi 4 octobre au siège national du SPPG », sous la supervision de l’Inspection générale du travail. Ce règlement intervient après des mois de tension entre la direction et les travailleurs, marqués par des manifestations et des dénonciations publiques.
Le SPPG, par la voix de son Bureau national, s’est félicité de cette issue pacifique :
« Les 12 journalistes licenciés ont perçu leurs droits liés aux indemnités de séparation, dans le cadre d’une procédure de règlement à l’amiable menée par le SPPG. Cette confiance constante dans la sincérité syndicale a été la clé du succès de cette lutte », peut-on lire dans le communiqué.
Le syndicat a également salué l’élan de solidarité des confrères d’autres médias, qui ont soutenu la cause des travailleurs de Radio Nostalgie.
« Le Bureau national a été particulièrement marqué par la mobilisation des journalistes guinéens, unis autour d’une cause juste. C’est une page importante de la lutte pour la dignité dans nos rédactions », ajoute le SPPG.
Mais derrière cette victoire sociale se cache une réalité plus sombre : Radio Nostalgie Guinée, première radio privée du pays, fondée dans les années 1990 et longtemps considérée comme un symbole du pluralisme médiatique, respire à peine aujourd’hui.
Entre crise financière, déficit de management et incertitude sur la propriété réelle du média, l’institution traverse l’une des périodes les plus troubles de son histoire.
« Un employé sur dix ne sait même pas qui détient réellement la radio », confie, sous anonymat, un travailleur encore en poste, évoquant une situation de flou total dans la gouvernance et la gestion de l’entreprise.
La direction actuelle, saluée par le syndicat pour son attitude “responsable” dans la résolution du conflit, doit désormais s’attaquer à l’essentiel : sauver Nostalgie de l’asphyxie financière et restaurer la confiance au sein du personnel.
Pour de nombreux journalistes, ce dénouement syndical marque une étape importante, mais non une fin en soi. Le SPPG appelle à la vigilance et à la poursuite du combat pour des conditions de travail décentes et la transparence dans la gestion des médias privés.
Radio Nostalgie, pionnière de la liberté de ton dans les années 2000, se trouve aujourd’hui à un tournant décisif : renaître grâce à une nouvelle gouvernance, ou s’éteindre lentement sous le poids de ses propres failles.
Par F. Keita






