CONAKRY – Le procès en appel de l’ancien ministre de la Défense nationale, Dr Mohamed Diané, a franchi une étape déterminante ce jeudi 5 mars devant la chambre des appels de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). L’audience a été marquée par l’ouverture de la phase des plaidoiries et des réquisitions, moment clé où les parties ont exposé leurs dernières positions avant la décision de la Cour.
Premier à prendre la parole, Me Pépé Antoine Lamah, avocat de la partie civile, a demandé à la juridiction de confirmer le jugement rendu en première instance dans son volet civil. Dans cette décision, l’ancien ministre avait été condamné au paiement de 500 milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.
Prenant ensuite la parole au nom du ministère public, le procureur spécial près la CRIEF, Aly Touré, a requis la confirmation pure et simple du verdict prononcé en première instance.
Concrètement, le parquet a demandé à la Cour de maintenir la condamnation de l’ancien ministre à cinq ans d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende de 5 milliards de francs guinéens.
S’agissant de l’aspect civil du dossier, le procureur spécial a invité la Cour à prendre en considération les plaidoiries de l’avocat de la partie civile, qui réclame le maintien de la condamnation financière prononcée contre le prévenu.
Au cours de leurs interventions, la partie civile et le ministère public ont soutenu que les faits reprochés à Dr Mohamed Diané — détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux — sont pleinement constitués.
Pour étayer leurs arguments, les deux parties ont notamment évoqué les rapports d’enquête ainsi que les différentes pièces versées au dossier, qu’elles considèrent comme des éléments probants démontrant la responsabilité du prévenu.
Cette phase cruciale du procès marque l’ultime confrontation des arguments entre l’accusation et la défense dans cette affaire emblématique de la lutte contre les crimes économiques en Guinée.
La Cour d’appel de la CRIEF devra désormais trancher et dire le droit, en confirmant ou en révisant le jugement rendu en première instance.
Par A. CAMARA






