Conakry, 6 octobre 2025 – Le dossier explosif opposant l’État guinéen à David Makongo et cinq de ses associés, Wang Yong Kai, Zhou Wenkai, Chen Xue Zhong, Tian Zhao Qiang et Zhao Qiang Tian, était inscrit à l’ordre du jour ce lundi devant la Chambre de jugement de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF).
Mais, une fois encore, l’affaire n’a pas connu d’avancée.
Appelés à comparaître pour occupation illégale de domaine public, destruction de l’environnement et évasion, aucun des six prévenus ne s’est présenté à la barre. Ni leurs conseils, ni ceux de la partie civile n’ont répondu à l’appel du juge.
Pourtant, selon le président de la Cour, tous avaient été régulièrement cités pour cette audience à travers un exploit de citation en date du 29 septembre 2025.
Le magistrat a précisé que la citation de David Makongo avait été adressée à son avocat, Me Michel Tagbino, lequel aurait refusé de la recevoir, tout en reconnaissant en avoir pris connaissance.
Quant aux autres prévenus, leurs citations avaient été transmises au parquet du tribunal de première instance de Kaloum, mais celui-ci aurait également refusé de prendre copie de l’acte, selon les mentions de l’huissier consignées dans le rapport lu à l’audience.
Face à cette situation, le ministère public, représenté par Malick Marcel Oularé, a salué le travail de l’huissier et pointé du doigt la mauvaise foi manifeste des prévenus.
« L’huissier a fait ce qu’il pouvait dans le respect des procédures. Ce refus de recevoir la citation traduit une volonté claire d’échapper à la justice », a-t-il déclaré avant d’inviter la Cour à tirer toutes les conséquences juridiques de cette attitude.
Le président du tribunal, prenant acte de l’absence générale, a souligné que la clôture des débats aurait pu être prononcée si la partie civile avait été représentée.
Finalement, la Cour a renvoyé l’affaire au 27 octobre 2025, accordant un dernier délai pour la comparution effective des prévenus et de la partie civile.
L’absence répétée de David Makongo et de ses coaccusés soulève une question essentielle : l’homme d’affaires congolais sera-t-il prêt à affronter son destin et défendre son honneur devant la justice guinéenne ?
L’affaire, qui touche à la fois à l’exploitation illégale des ressources, à la protection de l’environnement et au respect de la souveraineté nationale, symbolise un véritable test pour la crédibilité de la CRIEF et pour la volonté de la Guinée d’imposer l’État de droit face aux puissances économiques étrangères.
Le 27 octobre s’annonce donc comme une date charnière : celle où David Makongo devra choisir entre la fuite ou la défense de son honneur.
Par Ousmane Bangoura






