Conakry — Le ton est ferme, les positions tranchées. La Directrice générale des élections, Djenabou Touré, est sortie de sa réserve pour répondre, sans détour, aux critiques du FRONDEG et clarifier les raisons du rejet de certaines candidatures, dont celles du Bloc Libéral.
Face aux accusations de dysfonctionnements et de violations des règles électorales, la patronne de la DGE invoque une ligne rouge : le strict respect du cadre légal.
« Qu’on arrête de nous amuser ! Le BL nous écrit le 8 avril pour solliciter une exception alors que les dépôts étaient clos depuis le 3. Même avec une tolérance jusqu’au 9 pour le paiement des cautions, ils n’étaient pas en règle. Sans caution, une liste est rejetée. C’est la loi », a-t-elle martelé.
Selon Djenabou Touré, le Bloc Libéral n’a pas satisfait aux exigences essentielles dans les délais impartis, notamment le paiement de la caution, condition éliminatoire prévue par le code électoral. Elle insiste : aucune dérogation supplémentaire ne pouvait être accordée sans entorse aux textes.
Dans le même élan, elle conteste la légitimité de Faya Millimouno à s’exprimer au nom du parti ; « Vous avez tenu un congrès, vous avez passé la main. Selon les textes, c’est désormais Oumar Sanoh qui dirige. Partir sans partir, ce n’est pas possible », a-t-elle tranché, pointant des dissensions internes au sein du Bloc Libéral.
La sortie de la DGE intervient également après la décision du FRONDEG, dirigé par Yéro Baldé, de se retirer du processus électoral du 31 mai 2026. Dans un courrier, la formation dénonçait notamment des « rejets injustifiés », des problèmes d’encaissement des cautions et des irrégularités liées à l’éligibilité de certains candidats.
Des griefs balayés par la DGE, qui parle de « nécessité de rétablir les faits ».
Initialement fixée au 29 mars, la date limite de dépôt des candidatures a été prorogée jusqu’au 3 avril, à la demande de plusieurs acteurs politiques, dont Faya Millimouno et Yéro Baldé.
« Au 29 mars, seule l’UDG avait déposé ses dossiers. Les candidatures ont afflué les 2 et 3 avril. La DGE était pleine. Nous avons même prolongé jusqu’à minuit pour donner toutes les chances », a expliqué Djenabou Touré.
Mais, souligne-t-elle, de nombreux dossiers ont été déposés sans paiement préalable de la caution, pourtant exigée à J-55 par le code électoral. Une première tolérance a été accordée, mais aucune seconde dérogation n’a été envisagée.
Répondant point par point aux accusations, la directrice générale assure que toutes les procédures ont été respectées. Les cas d’inéligibilité évoqués par le FRONDEG seraient infondés, les candidats concernés ayant démissionné avant de déposer leurs dossiers.
Sur la question des cautions, elle précise : la commission financière formule des propositions, mais la décision finale revient à la DGE, conformément à la loi.
Plus révélateur encore, Djenabou Touré affirme que plusieurs candidats du FRONDEG aux communales contestent en interne la décision de retrait.
« Beaucoup nous ont écrit pour dire qu’ils souhaitent continuer. Certains affirment même avoir payé eux-mêmes leur caution », a-t-elle révélé.
Par cette sortie musclée, la DGE entend clore toute polémique et rappeler un principe fondamental : l’égalité de tous devant les règles électorales.
Dans un climat politique sous tension à l’approche du double scrutin du 31 mai, l’institution électorale affiche une posture de fermeté : aucune entorse aux textes ne sera tolérée, quel que soit le poids politique des acteurs en lice.
Par nimba224.com






