Conakry – Le couperet judiciaire se rapproche pour Ali Camara. Ce mardi 17 février 2026, le ministère public a requis cinq ans de réclusion criminelle assortis d’une amende de 500 millions de francs guinéens contre le jeune homme, poursuivi pour trafic international de drogue à haut risque devant le Tribunal criminel de Mafanco.
Détenu à la Maison centrale de Conakry depuis le 12 mai 2025, l’accusé avait été interpellé à l’Aéroport international Ahmed Sékou Touré avec deux valises contenant plus de 200 kilogrammes de cocaïne, qu’il tentait d’acheminer vers la France.
À la barre, Ali Camara a reconnu les faits. Il affirme toutefois avoir agi « par nécessité », évoquant la maladie cardiaque de sa fille. Selon ses déclarations, il aurait perçu 2 000 euros pour le transport, après avoir reçu la promesse d’un prêt de 20 000 euros et d’un bonus de 5 000 euros une fois l’opération menée à terme.
« J’ai pris ce risque parce que ma fille est gravement malade du cœur. J’avais besoin d’argent pour ses soins. Je regrette amèrement », a-t-il confié au tribunal.
Dans ses réquisitions, le procureur Ibrahima Kanfory Camara a balayé l’argument humanitaire avancé par la défense, estimant qu’il s’agit d’un prétexte destiné à susciter la compassion. « La République de Guinée est en train de devenir une plaque tournante du trafic de cocaïne. Les faits sont constants, clairs et établis. »
Sur cette base, le parquet a requis cinq ans de prison ferme et 500 millions GNF d’amende.
Les avocats d’Ali Camara ont, pour leur part, invoqué « l’état de nécessité » et demandé au tribunal de faire application de l’article 21 du Code pénal guinéen, estimant que leur client aurait agi sous la contrainte des circonstances familiales.
Après les débats, la juridiction a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue le 25 février prochain.
Une audience scrutée de près, dans un contexte où les autorités judiciaires affichent une fermeté accrue face à la montée du trafic de stupéfiants en Guinée.
Par M. DIALLO






