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BCRG : le bras de fer se durcit, Karamo Kaba met la pression sur les grévistes

CONAKRY – Après la cessation collective de travail observée mercredi, la Banque centrale annonce l’examen individuel des absences et prévient d’éventuelles suites administratives. Dans le même temps, plusieurs responsables syndicaux sont attendus devant le parquet de Kaloum. Le conflit social prend une nouvelle tournure.

Dans un communiqué signé par le Gouverneur Dr Karamo Kaba, la BCRG reconnaît sans détour que le droit syndical et le droit de grève sont garantis par la législation guinéenne. Mais l’institution pose immédiatement une limite : tout mouvement collectif doit respecter les procédures prévues par la loi et les règles internes de la Banque centrale.

Le message intervient alors que la tension sociale, déjà perceptible depuis plusieurs jours, a franchi un nouveau cap avec l’arrêt de travail observé mercredi dans plusieurs services.

« Toute absence sera examinée individuellement »

C’est sans doute l’un des passages les plus fermes du communiqué.

La direction de la BCRG annonce que les absences constatées mercredi feront l’objet d’un examen individuel. Et si certaines situations ne sont pas couvertes par le cadre légal du droit de grève, des mesures administratives pourraient suivre.

« Les situations d’absence relevées le mercredi 19 août 2026 feront l’objet d’un examen individuel », indique le Gouverneur.

Dr Karamo Kaba précise toutefois que toute éventuelle procédure sera engagée dans le respect des textes en vigueur et des droits de la défense.

Une manière pour la direction de rappeler que la reconnaissance du droit de grève ne dispense pas les travailleurs du respect de leurs obligations professionnelles.

Pour la Banque centrale, le droit de grève ne peut être exercé en dehors du cadre fixé par le Code du travail.

La direction rappelle notamment l’existence de procédures relatives au règlement préalable des différends collectifs, aux concertations et au préavis.

« Conformément aux dispositions du Code du travail relatives à la grève, toute cessation collective et concertée du travail s’inscrit dans un cadre procédural », souligne Dr Karamo Kaba dans son communiqué.

La direction insiste ainsi sur une distinction majeure : le droit de grève est garanti, mais son exercice doit être conforme aux règles de droit.

Et pendant que la direction hausse le ton, le front judiciaire se précise.

Des responsables de la délégation syndicale de la BCRG doivent être présentés ce jeudi 20 août au Tribunal de première instance de Kaloum, après leur passage à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).

Parmi eux figure Aboubacar Sidiki Camara, secrétaire général adjoint de la délégation syndicale.

Cette procédure fait suite à une plainte déposée par Daouda Sankhon, un agent de la BCRG. Les responsables syndicaux sont notamment visés par des accusations portant sur des « agressions », « menaces » et « troubles à l’ordre public », selon les éléments rapportés dans le cadre de la procédure.

Leur convocation intervient dans un contexte particulièrement sensible, alors que les relations entre la direction de la Banque centrale et les représentants des travailleurs se sont nettement crispées.

Pour l’heure, le mouvement n’a pas entraîné une paralysie générale de la BCRG. Mais la cessation collective de travail de mercredi a suffisamment perturbé certains services pour provoquer une réaction officielle de la direction.

La Banque centrale demande désormais à l’ensemble de son personnel de reprendre normalement le service, tout en respectant strictement les horaires de travail et les règles de discipline.

Dans le même temps, le Gouverneur tente de maintenir ouverte la porte du dialogue.

La BCRG assure rester attachée à l’amélioration des conditions de travail et appelle les organisations syndicales et les travailleurs à privilégier la concertation, la responsabilité et le respect mutuel.

Le décor est désormais planté : d’un côté, des travailleurs qui entendent faire valoir leurs droits syndicaux ; de l’autre, une direction qui reconnaît le droit de grève mais exige le strict respect des procédures légales.

Avec des absences désormais soumises à un examen individuel et plusieurs responsables syndicaux attendus devant la justice, le conflit social à la BCRG prend une dimension nouvelle.

La question est désormais de savoir si le dialogue permettra de ramener le calme au sein de la Banque centrale ou si la journée du 19 août ne constitue que le début d’un bras de fer appelé à se durcir davantage.

 

Le communiqué ci-dessous :

Par nimba224.com

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