Le dossier de la relance avortée de la société de téléphonie mobile SOTELGUI connaît un tournant majeur. Ce lundi, après plusieurs renvois, la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ordonné une série de mesures conservatoires à l’encontre de l’ancien ministre des Postes et Télécommunications, Oyé Guilavogui.
À l’audience, la partie civile, représentée par l’Agent judiciaire de l’État, a insisté sur la gravité des faits reprochés au prévenu, ainsi que sur son absence prolongée du territoire national. Elle a requis la saisie et la gestion de l’ensemble des biens meubles et immeubles appartenant à l’ancien ministre, notamment ses propriétés situées à Conakry et à Kindia, ainsi que le gel de ses comptes bancaires. Ces mesures devront être exécutées par l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC).
La partie civile a également demandé que l’AGRASC soit chargée d’identifier, de gérer et de conserver les biens concernés jusqu’à l’issue de la procédure, avec l’obligation de produire un rapport détaillé dans un délai de trois semaines.
Après avoir entendu les différentes parties, la Cour, présidée par le juge Yagouba Conté, a fait droit aux réquisitions. Elle a ordonné la gestion par l’AGRASC de tous les biens meubles et immeubles appartenant à Oyé Guilavogui, ainsi que la saisie conservatoire de ses comptes bancaires ouverts dans les établissements financiers de la place.
Dans la même ordonnance, la juridiction spéciale a enjoint la société Huawei de produire l’ensemble des documents relatifs au projet de relance de la SOTELGUI, notamment ceux liés à la gestion de la fibre optique backbone. La Cour a également ordonné la comparution de Koulibaly, directeur général de la SOTELGUI au moment des faits.
Selon la décision rendue, toutes ces mesures devront être exécutées au plus tard le 20 février 2026. L’affaire a été renvoyée au 23 février 2026 pour la poursuite des débats.
Pour rappel, Oyé Guilavogui est poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux, portant sur un montant estimé à 50 millions de dollars américains. Ces fonds étaient destinés à la relance et à l’extension de la SOTELGUI.
Placée en détention depuis avril 2022, l’ancien ministre avait obtenu, le 15 novembre 2023, une autorisation judiciaire de sortie du territoire à des fins médicales. Évacué vers la Tunisie sur instruction de la Cour, il n’est, à ce jour, toujours pas rentré en Guinée.
Par nimba224.com






