CONAKRY – La bataille pour la maîtrise de l’espace maritime guinéen se joue désormais aussi sur le terrain de la coordination institutionnelle. Face aux enjeux croissants liés à la délimitation des frontières maritimes, à la sécurité, à la pêche illégale et à la protection des ressources marines, les autorités guinéennes veulent resserrer les rangs.
C’est dans cette perspective que la Commission nationale des frontières (CNF) a organisé, mercredi 19 août 2026, au ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, une importante rencontre de concertation consacrée à la gestion et à la délimitation des frontières maritimes de la République de Guinée.
Une réunion qui intervient alors que l’espace maritime guinéen concentre des enjeux économiques, sécuritaires, environnementaux et stratégiques majeurs.
Présidée par Camara Djenabou Touré, ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation et présidente de la Commission nationale des frontières, la rencontre a rassemblé plusieurs représentants des départements sectoriels concernés ainsi que les membres de la CNF.
Pendant plusieurs heures, les participants ont passé en revue les principaux défis liés à la gestion des frontières maritimes.
Au centre des discussions : le cadre juridique international applicable à la délimitation maritime, mais également les moyens de renforcer la sécurité et la souveraineté de la Guinée sur son espace maritime.
L’objectif affiché est clair : mieux coordonner les interventions des différentes institutions afin d’éviter les approches isolées face à des problématiques qui dépassent largement les frontières administratives classiques.
Parmi les sujets les plus sensibles abordés figure la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).
Le phénomène constitue un défi majeur pour les pays côtiers, en raison de son impact sur les ressources halieutiques, les communautés de pêcheurs et l’économie nationale.
Pour la Guinée, la maîtrise de son espace maritime apparaît ainsi indissociable de la capacité à surveiller ses eaux, à faire respecter les règles et à préserver durablement ses ressources.
Les discussions ont également porté sur les opportunités liées à l’économie bleue, considérée comme un levier potentiel de développement et de valorisation durable des ressources marines.
Autre priorité : la sécurité et la sûreté dans l’espace maritime guinéen.
Les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la coopération régionale en matière de surveillance, de gestion et de sécurisation des espaces maritimes.
Dans un environnement maritime où les enjeux dépassent les frontières nationales, la coordination avec les pays voisins apparaît comme un élément déterminant pour prévenir les menaces et protéger les intérêts économiques et stratégiques de la Guinée.
La protection de l’environnement marin et côtier a également occupé une place importante dans les échanges. Au fil des discussions, une conviction semble s’être imposée : la question des frontières maritimes ne peut plus être traitée sous le seul angle technique ou juridique.
Elle touche directement à la souveraineté nationale, à la sécurité, à l’exploitation des ressources naturelles, à la protection de l’environnement et aux perspectives de développement de l’économie bleue. D’où la nécessité, selon les participants, d’adopter une approche intégrée, multidisciplinaire et coordonnée.
La Commission nationale des frontières entend ainsi placer la concertation interinstitutionnelle au cœur de son action.
À travers cette initiative, les autorités guinéennes affichent leur volonté de renforcer la maîtrise et la gestion de leurs frontières maritimes, tout en anticipant les défis susceptibles de se poser dans les prochaines années.
Délimiter, surveiller, sécuriser et valoriser.
C’est autour de ces quatre impératifs que se dessine désormais la stratégie guinéenne pour son espace maritime. Car au-delà d’une simple ligne tracée sur une carte, la frontière maritime représente un territoire stratégique où se croisent souveraineté, ressources naturelles, sécurité et intérêts économiques.
Pour Conakry, le message est donc sans équivoque : la protection de l’espace maritime guinéen doit désormais s’appuyer sur une coordination renforcée, une anticipation accrue et une défense rigoureuse des intérêts stratégiques de la République de Guinée.
Par OTB






