CONAKRY — Les coupures de courant se multiplient dans plusieurs quartiers de Conakry, tandis qu’Électricité de Guinée (EDG) tente de contenir la pression sur le réseau. Face à cette situation, le ministre de l’Énergie, Laye Sékou Camara, a convoqué, le 10 août 2026, le comité de direction de l’entreprise pour faire le point sur les difficultés et surtout anticiper une période de forte demande qui pourrait mettre davantage le réseau à rude épreuve.
Réuni avec les responsables d’EDG, le ministre de l’Énergie a passé en revue les problèmes qui affectent actuellement la fourniture d’électricité, aussi bien au niveau de la production que du réseau de distribution.
Sur le terrain, les équipes de la société sont déployées dans plusieurs secteurs de la capitale pour intervenir sur les pannes et procéder à des travaux de maintenance.
« Aujourd’hui, vous pouvez constater de part et d’autre quelques coupures dans certains quartiers, c’est pour des travaux », a expliqué Laye Sékou Camara.
Selon le ministre, les interventions concernent notamment les centrales et le réseau de distribution. Une opération présentée comme nécessaire pour renforcer les installations avant l’arrivée d’une période où la consommation pourrait fortement augmenter.
Pour le ministre, il n’est plus question d’attendre que les difficultés s’installent durablement avant d’intervenir, « Il y a un moment pour faire certaines choses. Quand ce moment-là passe, quand on sera dans la période chaude, quand on rentre dans des coupures, ça deviendra très compliqué », a-t-il averti.
Autrement dit, les autorités veulent profiter de la période actuelle pour effectuer les travaux susceptibles de réduire les risques de nouvelles perturbations lorsque la demande atteindra son pic.
Face aux inquiétudes des usagers, Laye Sékou Camara demande donc de la patience et appelle à faire confiance aux équipes mobilisées.
« Nous rassurons encore la population de Conakry que nous faisons tous les efforts pour donner l’énergie à tout le monde », a-t-il déclaré, invitant également les populations à « donner du crédit à EDG » afin de permettre à la société de poursuivre son travail.
Mais derrière les pannes techniques se cache un problème plus large : celui des capacités de production. Le directeur général d’EDG, Elhadj Gando Barry, a reconnu que l’entreprise évolue actuellement dans un contexte particulièrement contraignant.
La baisse de la pluviométrie constitue notamment un facteur de pression sur la production hydroélectrique. À cela s’ajoutent des difficultés d’approvisionnement en HFO, combustible utilisé par les centrales thermiques; « Nous sommes dans une période assez contraignante avec une baisse de pluviométrie, avec des contraintes en termes d’approvisionnement de HFO », a expliqué le patron d’EDG.
Ces contraintes réduisent les marges de manœuvre de l’entreprise au moment même où elle doit répondre à une demande importante en électricité.
Pour EDG, la réponse passe par une mobilisation permanente des équipes.
Techniciens et agents sont appelés à rester pleinement engagés afin de limiter les interruptions, intervenir rapidement sur les pannes et améliorer progressivement la desserte; « C’est important que les équipes soient mobilisées et qu’elles restent mobilisées pour pouvoir garder le cap et améliorer la desserte », a insisté Elhadj Gando Barry.
La direction affirme par ailleurs avoir reçu des instructions claires pour améliorer quotidiennement la fourniture d’électricité à Conakry comme à l’intérieur du pays.
« Les équipes sont plus que jamais remotivées et sur le terrain pour répondre aux attentes », assure la direction.
Entre les travaux sur le réseau, les contraintes de production et les difficultés d’approvisionnement en combustible, EDG se retrouve face à un défi de taille : maintenir l’électricité disponible alors que les conditions deviennent de plus en plus contraignantes.
Le gouvernement demande du temps et de la patience. EDG promet, de son côté, une mobilisation renforcée. Mais pour les ménages, les entreprises et les activités économiques dépendantes du courant, le véritable test ne sera pas dans les déclarations, mais dans les prises qui resteront allumées.
À Conakry, la bataille pour la stabilité de l’électricité est désormais engagée. Et EDG est sous pression.
Par nimba224.com






