CONAKRY – Nouveau tournant dans le procès qui oppose le parquet spécial à l’homme d’affaires Sékou Kaké, président-directeur général de la SOGEFEL. À l’audience de ce mardi 30 juin 2026, devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), deux témoins stratégiques ont livré des déclarations susceptibles de peser sur l’issue de cette procédure très suivie.
Le premier à comparaître, Moustapha Naïté, ancien directeur général du Patrimoine bâti public entre 2011 et 2014, est revenu sur le bail à construction signé en 2012 pour un immeuble de type R+6 à Almamya, dans la commune de Kaloum.
Dans sa déposition, il a affirmé ne connaître Sékou Kaké que de réputation, écartant tout lien personnel ou professionnel avec l’entrepreneur. Il a précisé que son administration avait uniquement été sollicitée pour fournir un avis technique favorable sur le terrain concerné, à la demande du ministère de l’Habitat.
L’ancien responsable a également rappelé que la décision finale et la signature du contrat relevaient exclusivement de l’autorité du ministre de l’Habitat de l’époque, Mathurin Bangoura, dégageant ainsi son service de toute responsabilité dans la conclusion de l’acte.
Autre moment fort de l’audience, le témoignage d’Ibrahima Sory Condé, responsable juridique de la Banque populaire maroco-guinéenne (BPMG), qui est venu conforter la version défendue par Sékou Kaké sur le financement de ses projets immobiliers.
Selon le représentant de la banque, la BPMG avait effectivement accordé à l’entrepreneur un prêt de 10 milliards de francs guinéens destiné à la réalisation d’un immeuble R+7 à Almamya, ainsi qu’un second financement de 20 milliards de francs guinéens pour un projet immobilier de type R+15 à Camayenne.
Ces déclarations pourraient constituer un élément important dans l’appréciation du dossier, alors que le parquet conteste notamment l’origine et la légitimité des biens revendiqués par l’homme d’affaires.
En revanche, la Cour a décidé de poursuivre les débats sans entendre Mathurin Bangoura, ancien ministre de l’Habitat, et Lamine Diakité, des Domaines et du Cadastre, tous deux absents à l’audience.
Pour rappel, la justice reproche à Sékou Kaké d’avoir revendiqué la propriété de plusieurs immeubles saisis dans le cadre des poursuites visant l’ancien ministre de la Défense, Dr Mohamed Diané, alors que ces biens sont considérés par l’accusation comme appartenant à ce dernier.
À l’issue des débats, la chambre des appels a renvoyé l’affaire au 21 juillet 2026, date fixée pour les plaidoiries de la défense et les réquisitions du ministère public. Une étape décisive avant le délibéré dans ce dossier à forts enjeux judiciaires et patrimoniaux.
Par F. KEÏTA






