Conakry, 17 juin 2026 – Dix-neuf ans après la mort de Rachel Whitemall au Canada, la justice guinéenne décide de rouvrir un chapitre longtemps resté dans l’ombre. Le parquet général près la Cour d’appel de Conakry a annoncé ce mercredi l’ouverture d’investigations judiciaires à la suite d’une dénonciation faisant état de faits susceptibles d’être qualifiés de meurtre dans cette affaire qui refait surface avec force.
Dans un communiqué signé par le procureur général, Falou Doumbouya, le parquet indique avoir été saisi d’éléments nécessitant des vérifications approfondies, conformément aux dispositions du Code de procédure pénale guinéen. L’objectif est désormais de déterminer la réalité des faits dénoncés et d’en apprécier les éventuelles implications pénales.
« Au regard des informations contenues dans cette dénonciation et conformément aux dispositions des articles 41, 42, 44 et 759 du Code de procédure pénale, le parquet général a prescrit l’ouverture d’investigations judiciaires destinées à vérifier les faits dénoncés et à en apprécier la portée pénale éventuelle », précise le communiqué.
Pour mener cette procédure, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Dixinn a été instruit de prendre toutes les mesures nécessaires à l’avancement du dossier. La Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) a également été saisie afin de conduire les enquêtes requises pour faire toute la lumière sur cette affaire.
Selon les premières informations communiquées par le parquet, les investigations concernent notamment Rafiou Sow, citoyen guinéen résidant à Conakry, dont le nom apparaît dans la dénonciation transmise aux autorités judiciaires.
Toutefois, le parquet général a tenu à rappeler avec fermeté un principe fondamental de l’État de droit : la présomption d’innocence.
« Conformément au principe consacré par la Constitution de la République de Guinée, les instruments juridiques internationaux régulièrement ratifiés ainsi que les dispositions du Code de procédure pénale, l’intéressé bénéficie pleinement de la présomption d’innocence tant qu’une décision de justice définitive n’aura pas établi sa culpabilité », souligne le document.
L’institution judiciaire assure également qu’elle veillera scrupuleusement au respect des droits de la défense, du principe du contradictoire ainsi qu’à l’ensemble des garanties procédurales prévues par la législation nationale et les engagements internationaux de la Guinée.
Cette affaire présente une particularité majeure : les faits visés se seraient produits hors du territoire national. Le parquet rappelle néanmoins que la législation guinéenne reconnaît, dans certaines circonstances, la compétence des juridictions nationales pour connaître des infractions commises à l’étranger par des ressortissants guinéens. Une possibilité juridique prévue notamment par l’article 759 du Code de procédure pénale, sous réserve que les conditions légales soient réunies.
La réouverture de ce dossier intervient quelques semaines après la diffusion d’une enquête journalistique menée par une journaliste canadienne venue à Conakry rencontrer Rafiou Sow. Interrogé sur le décès de Rachel Whitemall, celui-ci a rejeté tout lien avec la défunte et a contesté les informations le présentant comme son époux.
Désormais saisie du dossier, la justice guinéenne entend établir les faits avec rigueur et impartialité. Dix-neuf ans après la mort de Rachel Whitemall, une nouvelle phase judiciaire s’ouvre, avec en ligne de mire une seule exigence : la manifestation de la vérité, dans le strict respect des règles de droit et des garanties fondamentales reconnues à toutes les parties.
Par F. KEÏTA






