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Élections du 31 mai en Guinée : la DGE sort l’artillerie lourde pour sauver le scrutin de l’effet Tabaski

CONAKRY – À seulement une semaine des élections législatives et communales du 31 mai 2026, la pression monte d’un cran au sein de la Direction Générale des Élections (DGE). Entre défi logistique colossal, acheminement de documents ultrasensibles, formation accélérée des agents électoraux et menace d’une abstention massive liée à la Tabaski, les autorités électorales jouent désormais contre la montre.

Face à la presse ce dimanche 24 mai, la Directrice Générale des Élections, Djenabou Touré, a tenté de rassurer l’opinion nationale sur l’état d’avancement des préparatifs. Une sortie médiatique stratégique destinée à convaincre que le processus électoral reste sous contrôle malgré les nombreux défis qui entourent ce scrutin décisif.

Dès l’ouverture de la conférence, la patronne de la DGE a tenu à rappeler l’ampleur exceptionnelle de l’opération électorale prévue le 31 mai.

« Ce n’est pas un double scrutin, c’est un triple scrutin », a insisté Djenabou Touré, soulignant la complexité technique d’une consultation qui combine les législatives nationales à la proportionnelle, les scrutins de circonscription ainsi que les élections communales.

Selon elle, la quasi-totalité des bulletins de vote et des documents électoraux sensibles ont déjà été réceptionnés et déployés à travers le pays. Les spécimens ont été transmis aux candidats et les derniers éléments sécurisés — procès-verbaux, enveloppes spéciales et fiches de résultats — sont attendus dans les prochaines 48 heures.

« Toutes les commandes sont effectuées, les livraisons sont pratiquement terminées », a-t-elle affirmé. Une déclaration qui vise clairement à couper court aux spéculations sur d’éventuels retards dans l’organisation du scrutin.

Sur le terrain, la DGE a lancé une vaste opération de déploiement humain et technique.

Des informaticiens spécialisés seront envoyés dès ce lundi dans les différentes régions afin d’assurer la formation des agents chargés de la numérisation et de la centralisation des résultats électoraux au sein des Commissions Administratives de Centralisation des Votes (CACV).

Ces structures stratégiques, chargées de réceptionner et consolider les résultats, seront dirigées par des magistrats assistés de représentants désignés conformément au Code électoral.

La DGE affirme avoir déjà bouclé le tirage au sort des assesseurs dans les sept régions administratives et à Conakry, sous contrôle d’huissiers de justice.

Autre étape clé : les magistrats et membres des commissions prêteront serment le 28 mai avant le démarrage des formations intensives prévues les 29 et 30 mai sur toute l’étendue du territoire national.

Mais derrière les assurances officielles, une préoccupation domine : l’impact de la Tabaski sur le taux de participation.

À quelques jours de la fête, un important mouvement de populations vers l’intérieur du pays est déjà redouté. Un scénario qui pourrait vider plusieurs centres urbains, notamment Conakry, le jour du vote.

Pour éviter une abstention massive, la DGE mise désormais sur le vote par procuration et le vote par dérogation. « Nous faisons tout pour que le taux de participation soit au meilleur niveau », a déclaré Djenabou Touré.

La responsable électorale a annoncé la disponibilité de milliers de fiches de procuration réparties dans les 23 000 bureaux de vote du pays. Chaque bureau pourra enregistrer jusqu’à dix votes par procuration et dix votes par dérogation, conformément aux dispositions du Code électoral.

La DGE prévoit également une campagne de sensibilisation via les radios rurales afin d’encourager les citoyens en déplacement à effectuer leurs démarches avant leur départ pour la fête.

À sept jours du scrutin, la Guinée entre dans une phase critique de son processus électoral.

Si la DGE affiche sa sérénité et assure que tous les voyants sont au vert, le véritable test se jouera désormais sur le terrain : capacité logistique, transparence des opérations, sécurisation des résultats et surtout mobilisation des électeurs dans un contexte marqué par la Tabaski.

Dans les états-majors politiques comme au sein de l’administration électorale, une certitude s’impose déjà : la dernière semaine avant le 31 mai sera déterminante pour la crédibilité du scrutin.

 

 

Par Hawa CAMARA

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