mardi, mai 5, 2026
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CRIEF : le procès Soriba Soumah s’intensifie, Charles Wright élargit le champ des auditions, la liberté provisoire rejetée

La pression judiciaire monte d’un cran à la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Au cœur d’un dossier tentaculaire, le procès de Soriba Soumah, directeur général du Centre national de formation sociale appliquée Jean Paul II, a connu ce lundi un tournant marqué par de nouvelles offensives du parquet spécial.

Poursuivi pour détournement présumé de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écritures publiques, enrichissement illicite et complicité, le prévenu fait face à des accusations lourdes, dans une affaire aux ramifications multiples.

Devant la chambre de jugement, les débats ont pris une nouvelle dimension avec l’entrée en scène du ministère public. Selon les déclarations de Soriba Soumah, son service aurait bénéficié d’un fonds spécial de plus de 12 milliards de francs guinéens destiné à des marchés de fourniture de médicaments et d’équipements, actuellement en cours de livraison.

Saisissant cette déclaration, le procureur spécial, Alphonse Charles Wright, a immédiatement sollicité la comparution de plusieurs acteurs clés, à commencer par Mohamed Karifa Diawara, alors directeur général du Budget au moment des faits. Une démarche qui vise à remonter la chaîne de responsabilité dans la gestion et l’allocation des fonds publics.

Dans la même dynamique, le parquet n’exclut pas d’élargir encore le cercle des auditions. L’ancienne ministre de l’Action sociale, Charlotte Daffé, pourrait ainsi être appelée à comparaître si les nécessités de l’enquête l’imposent. À cela s’ajoutent d’autres profils jugés stratégiques : le signataire des actes financiers (SAF), Mohamed Fodé Bérété, responsable des marchés publics du centre, l’entreprise adjudicataire du marché de fourniture d’équipements ainsi que la contrôleuse financière.

Mais au-delà de ces manœuvres judiciaires, la tension s’est également cristallisée autour des conditions de détention des prévenus. Les avocats de la défense ont dénoncé une situation qu’ils jugent préoccupante pour leurs clients, Soriba Soumah et Ismaël Traoré, tout en rappelant que le parquet disposait, selon eux, d’un délai suffisant pour instruire le dossier.

Autre point de friction : la demande de renvoi formulée par le substitut du procureur spécial, Biwon Millimouno, en vue de citer l’Agent judiciaire de l’État. Une requête vivement contestée par la défense, qui y voit une manœuvre dilatoire sans fondement légal.

Dans ce climat électrique, les avocats ont également plaidé pour une mise en liberté provisoire de leurs clients, invoquant notamment l’arrivée imminente d’équipements nécessitant des formalités douanières urgentes. Un argument balayé par le ministère public, qui estime l’enquête encore incomplète.

La Cour a finalement tranché sans équivoque : la demande de mise en liberté provisoire a été rejetée, jugée « inopportune et mal fondée ». L’affaire a été renvoyée au 11 mai 2026 pour la poursuite des débats, avec en ligne de mire de nouvelles auditions qui pourraient encore faire basculer ce dossier sensible.

Dans cette affaire emblématique de la lutte contre la corruption, la CRIEF semble déterminée à aller au bout des responsabilités, dans un procès qui s’annonce aussi long que décisif.

 

 

Par F.KEÏTA

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