jeudi, avril 30, 2026
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CRIEF : procès sous haute tension, renvois en cascade et accusations frontales

Conakry – La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a rouvert, ce mercredi 29 avril 2026, plusieurs dossiers emblématiques impliquant d’anciens dignitaires du régime, dans une ambiance électrique où se mêlent dénégations catégoriques, absences controversées et bras de fer procéduraux.

Devant une chambre de jugement nouvellement recomposée, les affaires visant les ex-ministres Rémy Lamah et Oyé Guilavogui ont repris. Les deux hommes sont poursuivis pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.

À la barre, Rémy Lamah a opposé une fin de non-recevoir aux accusations, les qualifiant d’infondées. Sa défense a sollicité un renvoi d’un mois pour mieux préparer le dossier. Une demande aussitôt contestée par le parquet, qui a plaidé pour un délai plus court, révélant déjà les premières tensions de l’audience.

L’absence d’Oyé Guilavogui a, elle, dominé les débats. L’avocat de l’État a ouvertement mis en doute sa volonté de comparaître, évoquant des absences répétées et un séjour médical à l’étranger jugé peu crédible. Il a requis la clôture des débats, une position à laquelle le ministère public s’est opposé, préférant un renvoi pour permettre une citation régulière.

Après des échanges serrés, le président Alpha Camara, entouré de ses assesseurs Kanda Doumbouya et Mamadou Dian Diallo, a décidé de renvoyer les deux affaires au 20 mai 2026. Une date désormais cruciale, marquée par l’attente de la comparution d’Oyé Guilavogui et l’éventuelle ouverture des plaidoiries.

Dans la foulée, la CRIEF a également enclenché l’examen du dossier de Louncény Nabé, ancien gouverneur de la Banque centrale de Guinée, rattrapé par une affaire aux enjeux considérables.

Poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et corruption, dans un dossier portant sur trois tonnes d’or, l’ex-patron de l’institution monétaire a rejeté en bloc toutes les accusations portées contre lui.

Sa défense a immédiatement sollicité un renvoi, invoquant un état de santé fragile nécessitant un suivi cardiologique. Si le ministère public et la partie civile ont consenti au report, cette dernière a toutefois contesté la demande d’assistance médicale en l’absence de preuves jugées suffisantes.

Le tribunal a finalement opté pour un compromis : renvoi de l’affaire au 13 mai 2026, avec autorisation d’une assistance médicale pour le prévenu.

Renvois stratégiques, absences controversées, accusations lourdes : à la CRIEF, ces dossiers à forte portée politique et financière s’installent dans la durée et maintiennent la pression sur une justice attendue au tournant dans la lutte contre la corruption.

 

 

Par M. DIALLO

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