La réforme passe à la vitesse supérieure. À N’Zérékoré, le gouvernement guinéen a dévoilé l’ampleur des gains générés par la digitalisation de l’administration : plus de 233 milliards de francs guinéens économisés grâce à l’assainissement du fichier des agents publics. Un chiffre choc, symbole d’un tournant décisif dans la gestion de l’État.
L’annonce a été faite le 22 avril 2026 par le ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration, Faya François Bourouno, lors du lancement officiel de la campagne de vulgarisation du Fichier Unique de Gestion Administrative et de la Solde (FUGAS). Ce dispositif, désormais au cœur de la réforme, ambitionne de mettre fin aux dysfonctionnements chroniques et d’instaurer une gouvernance moderne, transparente et maîtrisée.
Présenté comme un outil de rupture, le FUGAS a permis la mise en place d’une base de données unique et fiable des agents de l’État. Résultat : une meilleure traçabilité des effectifs, une masse salariale rationalisée et des économies colossales pour le trésor public.
« Nous sommes face à une transformation profonde de l’administration », a martelé le ministre, insistant sur l’impact structurant de cette réforme qui redéfinit les règles du jeu dans la gestion publique.
Mais au-delà des chiffres, c’est le quotidien des fonctionnaires qui est bouleversé. Désormais, en quelques clics et en moins de 30 minutes, un agent peut initier une demande de mutation, de congé ou de reclassement, là où il fallait auparavant patienter plusieurs mois.
Une avancée saluée comme historique par Karamba Guirassy, Directeur général de la Fonction publique : « Le FUGAS est une fierté nationale. C’est une solution conçue par des Guinéens, pour simplifier radicalement l’administration et rapprocher les services publics des citoyens. »
Accessible gratuitement, la plateforme se veut inclusive. Des équipes techniques sont déployées sur le terrain, accompagnées de tablettes mises à disposition pour les agents ne disposant pas d’outils numériques.
Si la réforme séduit sur le papier, son succès repose désormais sur son adoption. Les directeurs des ressources humaines sont en première ligne pour former et accompagner les agents, notamment face aux résistances liées au passage au numérique.
Sur place, panels interactifs et sessions pratiques ont permis de lever les zones d’ombre et de renforcer l’adhésion autour du projet.
Le gouverneur de N’Zérékoré, Moussa Condé, a d’ailleurs affiché sa détermination : « Toutes les dispositions seront prises pour faire du FUGAS un succès concret et mesurable sur le terrain. »
À travers cette réforme, les autorités entendent accélérer la transformation de l’État et tourner définitivement la page des lourdeurs administratives. Le FUGAS s’impose ainsi comme l’un des piliers de la vision portée par Mamadi Doumbouya : bâtir une administration plus performante, plus transparente et résolument tournée vers l’avenir.
Une chose est sûre : en Guinée, la révolution administrative est en marche — et elle commence déjà à payer.
Par F. MAOMOU






