CONAKRY- Le gouvernement guinéen a levé toute ambiguïté sur le cadre politique et électoral à l’approche des élections législatives et communales prévues en mai prochain. Lors d’une conférence de presse conjointe tenue ce vendredi au siège du porte-parolat du gouvernement à Kaloum, les autorités ont apporté des précisions fermes sur la réforme du paysage politique, l’organisation du scrutin et le statut du mouvement GMD, désormais au cœur du débat public.
Prenant la parole, la ministre de l’Environnement et du Développement durable, également porte-parole adjointe du gouvernement, Djamy Diallo, a tenu à recadrer le processus engagé par le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation. Selon elle, il ne s’agit nullement d’une opération politique ciblée, mais d’une démarche strictement administrative visant à assainir le paysage partisan.
« La vie politique en Guinée est encadrée par des textes juridiques clairs. L’objectif est de garantir à la fois le pluralisme et la stabilité institutionnelle », a-t-elle déclaré, insistant sur le fait que tous les partis ont été soumis aux mêmes critères et aux mêmes procédures.
Ce processus a conduit récemment à la dissolution de plusieurs dizaines de formations politiques. Toutefois, la ministre a tenu à tempérer la portée de ces décisions en précisant que ces dissolutions ne sont pas définitives. Les formations concernées, a-t-elle expliqué, restent libres de se réorganiser et de se mettre en conformité avec la loi pour reprendre leurs activités politiques.
Abordant ensuite la question des prochaines élections législatives et communales, Djamy Diallo a clarifié la répartition des responsabilités entre les institutions. L’organisation technique du scrutin sera assurée par la Direction Générale des Élections (DGE), sous la supervision du ministère de l’Administration du Territoire.
De son côté, le gouvernement interviendra principalement dans le financement du processus électoral, la mise à disposition des moyens logistiques et sécuritaires, ainsi que dans la garantie du respect du cadre légal.
Les autorités affichent ainsi une ambition claire : organiser des élections libres, transparentes et apaisées, dans lesquelles chaque citoyen pourra voter en toute confiance. La ministre a également insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les partis politiques, la société civile, les médias et les partenaires internationaux afin d’assurer la crédibilité et l’inclusivité du processus électoral.
Dans le même exercice, le ministre porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, s’est exprimé sans détour sur le statut du mouvement GMD (Guinée Mouvement Démocratique), qui suscite de nombreuses interrogations à l’approche du scrutin.
Interrogé sur une éventuelle participation du mouvement aux élections, le ministre a été catégorique : la GMD ne dispose pas du statut juridique de parti politique et ne bénéficiera d’aucun traitement particulier.
« Il s’agit d’un mouvement initié par des acteurs, mais il ne sera pas érigé en parti politique avant les élections », a-t-il affirmé, précisant que toute candidature liée à la GMD ne pourra être envisagée qu’à titre individuel ou sous la bannière d’un parti reconnu par la loi.
Selon lui, le mouvement ne figure donc pas sur la liste officielle des formations habilitées à présenter des candidats. Une position que le gouvernement dit assumer pleinement au nom du respect strict de la législation en vigueur.
Cette mise au point intervient alors que la GMD gagne progressivement en visibilité sur la scène politique nationale. Mais pour les autorités, le mouvement reste pour l’instant une organisation citoyenne sans existence juridique en tant que parti politique.
Le gouvernement prévient d’ailleurs que toute tentative de lui accorder un avantage électoral serait contraire à la loi et pourrait faire l’objet de sanctions après le scrutin.
À moins de deux mois des élections législatives et communales, le message des autorités est désormais sans équivoque : seuls les partis reconnus légalement pourront participer officiellement au processus électoral, tandis que les mouvements non conformes devront attendre la fin du scrutin pour espérer une reconnaissance juridique.
Par Hawa CAMARA






