lundi, mars 16, 2026
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Marché du poisson en Guinée : entre déclarations officielles et réalité des ménages

Lors de son passage dans l’émission Heure du Bilan, diffusée sur la Radio Télévision Guinéenne (RTG), le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, Fassou Théa, s’est exprimé sur la question sensible de l’accessibilité du poisson sur le marché guinéen.

Face aux téléspectateurs, le ministre a tenu à relativiser la perception largement répandue d’une cherté du poisson en Guinée. Selon lui, le produit resterait globalement abordable, notamment lorsqu’on le compare aux prix pratiqués dans certains pays voisins. Une analyse qui contraste cependant avec le ressenti quotidien de nombreux consommateurs.

Dans plusieurs marchés de Conakry et de l’intérieur du pays, les ménages dénoncent au contraire une hausse continue des prix du poisson, devenue l’une des principales préoccupations alimentaires. Sardines, chinchards ou encore capitaines — pourtant très prisés dans l’alimentation locale — se vendent aujourd’hui à des prix jugés excessifs par une grande partie de la population.

De nombreuses ménagères interrogées sur les marchés affirment devoir réduire les quantités achetées, voire remplacer le poisson par d’autres sources de protéines moins coûteuses. Une situation qui alimente le débat sur le pouvoir d’achat dans un contexte général de renchérissement du coût de la vie.

Pour expliquer cette perception de cherté, Fassou Théa évoque principalement un déséquilibre entre la demande nationale et les capacités de production halieutique.

Selon lui, la forte demande intérieure entraîne mécaniquement une tension sur les prix. Le ministre estime toutefois que le développement de l’aquaculture continentale pourrait contribuer à atténuer cette pression et améliorer la disponibilité du poisson sur le marché.

Dans cette perspective, le département de la Pêche annonce plusieurs projets structurants destinés à renforcer la production nationale. Le ministre a notamment évoqué la mise en place de grands complexes aquacoles, avec l’identification d’au moins 38 sites susceptibles d’accueillir des activités piscicoles.

Ces initiatives devraient, selon lui, favoriser la création d’emplois, accroître la production locale et améliorer l’approvisionnement des marchés.

Autre difficulté évoquée : la conservation et le transport du poisson vers les zones éloignées du littoral. Pour y remédier, le ministère prévoit la construction de dépôts frigorifiques dans les préfectures ainsi que l’acquisition de camions frigorifiques afin de mieux acheminer les produits halieutiques jusqu’aux consommateurs.

Le département annonce également le renforcement du contrôle sanitaire du poisson grâce à des équipements obtenus dans le cadre d’un projet financé par la Banque mondiale.

Si ces annonces traduisent une volonté affichée de moderniser le secteur de la pêche et de l’aquaculture, elles peinent encore à dissiper les inquiétudes des consommateurs. Pour de nombreux observateurs, la question centrale reste celle de l’impact réel de ces projets sur les prix pratiqués sur les marchés.

En attendant des résultats concrets, la perception dominante chez les ménages guinéens demeure celle d’un produit devenu de plus en plus difficile d’accès. Un contraste notable avec l’optimisme affiché par les autorités lors de leur passage dans les médias publics.

 

 

 

Par nimba224.com

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