N’ZÉRÉKORÉ — Un drame poignant s’est produit dans la matinée du lundi 4 août 2025 dans le quartier Horoya Jamaïque, au cœur de la commune urbaine de N’Zérékoré. Une femme sexagénaire, Pola Dramou, et sa petite-fille de deux ans, Tohon Sagno, ont tragiquement perdu la vie, ensevelies sous un éboulement de terre alors qu’elles extrayaient du gravier pour survivre.
Selon les témoignages recueillis sur place, la grand-mère pratiquait régulièrement l’extraction artisanale de graviers, une activité pénible mais vitale pour nourrir sa famille. Ce jour-là, elle était accompagnée de sa petite-fille, faute de pouvoir la confier à quelqu’un d’autre. Son époux, un infirmier à la retraite, se trouvait à Conakry, où il tente de faire débloquer sa pension suspendue depuis plusieurs mois.
C’est dans ce contexte de précarité extrême que le drame s’est produit. Les deux victimes ont été ensevelies dans un éboulement soudain. Les corps ont été extraits par les riverains et transportés à la morgue de l’hôpital régional, après le constat officiel des forces de l’ordre et des services de santé.
Présent sur les lieux du drame, Jean Théa, président du conseil de quartier de Horoya 2, n’a pas caché son émotion :
« J’ai été appelé alors que j’étais à la mairie. À mon arrivée, le corps de la vieille dame avait été retrouvé. C’est sous mes yeux que le cadavre de la petite a été extrait. Nous avons aussitôt alerté la gendarmerie, la police et les agents de l’hôpital pour les constats d’usage. »
Face à la gravité de la situation et aux risques élevés d’autres glissements de terrain pendant cette saison des pluies, les autorités locales ont décidé d’interdire formellement toute activité d’extraction de graviers sur le site, jusqu’à nouvel ordre. Une mesure prise en concertation avec les services de défense et de sécurité de la ville.
Ce drame remet en lumière la détresse sociale de nombreuses familles guinéennes, contraintes à des activités à haut risque pour survivre. À l’heure où l’on parle de réforme, de constitution et de relance économique, des vies s’éteignent dans le silence de la pauvreté.
Par Michel IFONO






