Kindia – Une inquiétante hécatombe aquatique frappe les communes rurales de Damakania et Samaya, dans la région de Kindia. Depuis plus d’une semaine, les habitants des districts de Gberiyakhori et Madina-Laya assistent, impuissants, à la mort massive et inexpliquée de poissons dans le lac local, une source vitale pour leur subsistance.
Les poissons, retrouvés en état de décomposition avancée, suscitent la panique dans une population où la pêche et l’agriculture constituent les principaux moyens de survie. Alertés par les enfants revenus bredouilles ou avec des prises pourries, les chefs de district ont rapidement tiré la sonnette d’alarme.
« Nous avons constaté la mort anormale de poissons dans les eaux du lac. Les enfants qui vont à la pêche signalent systématiquement des quantités importantes de poissons morts. Par mesure de précaution, nous avons demandé à tous les villages environnants de suspendre la consommation des produits aquatiques », déclare Moussa Keïta, président du district de Madina-Laya.
Son homologue de Gberiyakhori, Mohamed Soumah, confirme l’ampleur du phénomène : « Les poissons meurent en masse, et la pourriture commence souvent par la queue. Cette situation est sans précédent. Depuis l’apparition du lac dans les années 60, jamais nous n’avons vécu cela. Toutes les localités de Gberiyakhori à Missidè Yalagueya sont touchées »
Face à la gravité de la situation, les autorités administratives et sanitaires ont été saisies. Une mission du ministère de la Pêche s’est rendue sur les lieux pour prélever des échantillons d’eau et de poissons en vue d’analyses en laboratoire.
« Les techniciens ont effectué les prélèvements, et nous attendons désormais les résultats. En attendant, la population a été formellement invitée à ne plus consommer le poisson du lac », ajoute Mohamed Soumah.
Ce phénomène mystérieux soulève des inquiétudes majeures sur l’état de l’environnement aquatique local, et sur les éventuelles conséquences sanitaires et économiques à court terme. Dans l’attente d’un diagnostic officiel, les populations locales vivent dans une crainte généralisée, redoutant une pollution ou l’apparition d’une maladie infectieuse.
Par Amara CAMARA






