Le tribunal de première instance de Kaloum a ouvert, ce mardi 3 juin 2025, un procès retentissant opposant la société Sol-Guinée, représentée par l’homme d’affaires chinois Dong Dong Tian, au transitaire Yagouba Sidibé, poursuivi pour des faits présumés d’abus de confiance portant sur 2,9 milliards de francs guinéens.
À la barre, le prévenu, incarcéré depuis le 5 novembre 2024, reconnaît avoir reçu 9 milliards GNF de la part de Sol-Guinée pour s’acquitter des droits et taxes douaniers sur des marchandises importées. Toutefois, il affirme n’avoir payé que 6,1 milliards GNF, tout en déclarant devoir encore 1,2 milliard GNF à la société plaignante.
Une version vigoureusement contestée par le représentant de Sol-Guinée, qui soutient que 2,9 milliards GNF restent impayés, bloquant depuis lors la sortie de leurs marchandises au port de Conakry. Il affirme avoir remis l’intégralité des fonds au prévenu via chèque, et se dit abasourdi d’entendre ce dernier minimiser l’ampleur du manquement.
« Je lui ai confié 9 milliards de francs guinéens pour assurer le dédouanement de nos marchandises. Mais il n’a payé que 6,1 milliards. Le reste, il ne l’a jamais reversé, et jusqu’à ce jour, je n’ai jamais vu les quittances », a déploré le plaignant devant les juges.
Selon ses dires, les autorités portuaires ont confirmé à Sol-Guinée que des droits et taxes douaniers restent dus, ce qui a provoqué un blocage prolongé des conteneurs de la société depuis plusieurs années, avec d’importantes pertes financières à la clé.
Le tribunal, après avoir entendu les deux parties, a décidé de renvoyer l’affaire au jeudi 5 juin 2025, pour la phase des réquisitions du ministère public et des plaidoiries des conseils respectifs.
Ce dossier met en lumière une nouvelle fois les tensions persistantes dans le secteur du transit et les risques liés à la gestion opaque des fonds destinés au paiement des droits de douane. Il soulève également des questions sur le contrôle et la transparence dans les relations entre entreprises et transitaires au port de Conakry.
Par O. Bangoura






