Mafanco, 3 juin 2025 – Coup de théâtre au tribunal de première instance de Mafanco : sur les six affaires criminelles inscrites au rôle, seules deux ont pu être jugées. La cause ? Une absence quasi-totale des avocats de la défense, laissant plusieurs accusés sans représentation légale, en violation flagrante de leurs droits fondamentaux.
Ce mardi, le tribunal s’est retrouvé confronté à une situation embarrassante : sur six dossiers prévus, trois ont été automatiquement renvoyés, les prévenus se présentant seuls à la barre, sans l’assistance d’un avocat. Une entorse grave au droit à une défense équitable, pourtant garanti par la loi et les conventions internationales.
Un seul accusé était assisté par ses conseils, mais ces derniers ont sollicité un renvoi pour mieux préparer leur plaidoirie, estimant ne pas disposer du temps nécessaire pour assurer une défense efficace.
Malgré ce climat de blocage judiciaire, deux affaires ont été jugées.
- David Camara a été condamné à 5 ans de réclusion pour viol,
- Ibrahima Sory Camara a écopé de 6 ans, pour des faits similaires.
Les deux prévenus ont été reconnus coupables, mettant en lumière la gravité des charges, mais aussi la difficulté d’organiser une justice efficace et équitable dans un système judiciaire souvent sous tension.
Ce dysfonctionnement relance avec acuité le débat sur l’accès effectif à la défense pour tous, notamment pour les plus démunis. Le manque d’avocats lors des audiences criminelles, surtout dans les juridictions de première instance, met à mal les fondements du procès équitable.
« Un procès sans avocat pour l’accusé, c’est un déni de justice. Le droit à la défense n’est pas un luxe, c’est une garantie constitutionnelle », déplore un observateur judiciaire.
Cette situation soulève également la nécessité de renforcer les dispositifs d’aide juridictionnelle et de disponibilité des avocats commis d’office, afin d’éviter que des justiciables ne soient jugés — ou pire, condamnés — sans être dûment défendus.
Le tribunal de Mafanco devra reprendre l’examen des dossiers renvoyés dans les prochains jours. Mais l’épisode de ce mardi sonne comme une alerte rouge sur les failles persistantes de notre appareil judiciaire.
Justice différée… ou justice bafouée ?






