CONAKRY – La tension est retombée entre la Guinée et la Sierra Leone. Après plusieurs jours de crispation consécutifs aux incidents survenus le 22 février à Kudaya (préfecture de Faranah), les deux États ont officiellement opté pour la voie diplomatique.
La décision intervient au lendemain de la libération, ce vendredi 27 février 2026, des seize militaires sierra-léonais interpellés par l’armée guinéenne à la suite d’une incursion ayant provoqué des échauffourées à la frontière.
Réunis à la Primature à Conakry, des émissaires du président Julius Maada Bio ont échangé avec les autorités guinéennes sous la présidence du Premier ministre Amadou Oury Bah.
Au terme de cette rencontre stratégique, les deux parties ont convenu de régler leur différend « autour de la table », privilégiant la concertation et l’apaisement.
Mesure phare annoncée : la création d’une commission conjointe et permanente chargée d’examiner toutes les questions frontalières et de prévenir tout nouvel incident.
« Les deux États ont décidé de mettre en place un mécanisme permanent de concertation pour traiter les questions liées à la frontière », a déclaré le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté.
Selon le chef de la diplomatie guinéenne, l’incident du 22 février a été géré dans un « esprit de responsabilité, de retenue et de fraternité africaine ». Une approche qui traduit, dit-il, la volonté commune de préserver la paix et de consolider les relations historiques entre Conakry et Freetown.
De son côté, le ministre sierra-léonais des Affaires étrangères, Alhaji Musa Timothy Kabba, a réaffirmé l’engagement de son gouvernement en faveur du dialogue, saluant « l’esprit d’ouverture » des autorités guinéennes. Il a également exprimé sa reconnaissance pour la libération des seize éléments des forces de sécurité interpellés après les incidents de Kudaya, dans le district relevant de la sous-préfecture de Sandenia.
En optant pour un cadre permanent de concertation, Conakry et Freetown envoient un signal fort : celui de la responsabilité et de la stabilité sous-régionale. Dans un contexte où la moindre tension frontalière peut rapidement dégénérer, les deux voisins choisissent désormais la diplomatie comme boussole.
Un tournant majeur pour la paix entre les deux pays.
Par Hawa CAMARA






