
Atteinte à la Vie Privée : Mabinty Cissé et Lamine Diallo Jugés à Conakry
Le Tribunal de Dixinn a ouvert, ce mardi 25 février 2025, le procès de Mabinty Cissé, une marchande poursuivie pour atteinte à la vie privée, production et diffusion d’images à caractère personnel. Elle est accusée d’avoir filmé Mariama Bangoura, une femme mariée, à son insu dans une boîte de nuit et d’avoir ensuite transmis la vidéo à son époux résidant à l’étranger. Mohamed Lamine Diallo, présenté comme complice dans cette affaire, comparaît également devant la justice.
Des Faits Reconnaissables
Dès l’ouverture du procès, Mabinty Cissé a reconnu les faits. Elle explique avoir agi à la demande du frère de l’époux de Mariama Bangoura, Mohamed Lamine Diallo, qui lui aurait demandé d’enregistrer la scène et d’envoyer la vidéo.

« C’est le jeune frère du mari de Mariama Bangoura qui m’a demandé de la filmer et d’envoyer la vidéo à son frère. Je ne connaissais pas la plaignante ni son mari auparavant. J’ai envoyé la vidéo via Messenger sans mesurer les conséquences de mon acte. Aujourd’hui, je regrette profondément. Je demande pardon car cette vidéo a mis son foyer en péril », a déclaré Mabinty Cissé devant la barre.
Arrêtée le 17 janvier 2025, elle est en détention préventive à la Maison Centrale de Conakry.
Une Victime Dévastée
Mariama Bangoura, la plaignante, vit entre Conakry et Genève (Suisse). Elle raconte comment elle a été filmée à son insu lors d’une sortie entre amies dans une boîte de nuit.
« J’étais avec une amie au Night-Club Oxygène. Mabinty m’a filmée sans que je le sache, même dans les toilettes. Quelques heures plus tard, mon mari m’a envoyé un message vocal rempli de menaces. Il a partagé la vidéo, et aujourd’hui, mon couple est en péril. Cela fait 18 ans que nous sommes mariés et nous n’avons jamais eu de problème auparavant. Ce Lamine Diallo n’a aucun lien avec notre famille, et il n’était même pas dans la boîte cette nuit-là. J’ai peur pour ma vie », a-t-elle témoigné.
Des Accusations Contestées
Contrairement à Mabinty Cissé, Mohamed Lamine Diallo, également en détention, nie toute implication dans cette affaire.
« J’ai connu Mabinty par le biais de son frère, mais je ne l’ai jamais incitée à filmer qui que ce soit. Je ne fréquente pas les boîtes de nuit et je n’ai jamais reçu ou envoyé une vidéo de Mariama Bangoura à mon frère », a-t-il déclaré devant le tribunal.
Débats Autour de la Liberté Provisoire
L’avocat de la défense a demandé la remise en liberté provisoire de ses clients, garantissant leur présentation à la prochaine audience.
Le ministère public, quant à lui, a réclamé l’application de l’article 247 du Code de procédure pénale, exigeant le paiement d’une caution de 5 millions de francs guinéens pour leur libération.
Après délibération, la juge a fixé la caution à 4 millions GNF pour chacun des prévenus et a renvoyé l’affaire au 4 mars 2025, date à laquelle auront lieu les réquisitions et plaidoiries.
Un Procès Sous Haute Tension
Ce procès met en lumière la problématique de la violation de la vie privée à l’ère du numérique. L’affaire suscite un vif intérêt du public, notamment sur les responsabilités liées à la production et la diffusion non consentie d’images personnelles.
La prochaine audience sera déterminante pour fixer le sort des deux accusés et trancher sur les conséquences judiciaires de cette affaire.
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