Le secteur de l’enseignement supérieur en Guinée est de nouveau sous tension. Le Syndicat National Autonome de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (SNAESURS) agite la menace d’une reprise imminente de sa grève suspendue en juillet 2023. Dans une lettre officielle adressée au ministre de l’Enseignement supérieur, Alpha Bacar Barry, le syndicat dénonce le non-respect répété des engagements pris par les autorités et fixe un ultimatum clair : le 9 juin 2025.
Dans sa correspondance datée du 20 mai, le bureau exécutif du SNAESURS dénonce notamment la gestion centralisée, par le ministère, des frais d’inscription et de réinscription des étudiants. Le syndicat y voit une atteinte grave aux libertés académiques et à l’autonomie des Institutions d’Enseignement Supérieur (IES), garanties pourtant par les textes en vigueur.
« Cette décision s’inscrit dans un contexte de non-respect des engagements antérieurement pris, notamment en ce qui concerne le reversement des montants issus des frais d’inscription. Malgré les assurances du secrétaire général du MESRSI, aucun paiement n’a été effectué, plus de deux mois après notre dernière rencontre », souligne le syndicat.
Par ailleurs, le SNAESURS fustige le retard dans l’application du décret n°0027/PRG/SGG du 24 janvier 2024, relatif à la rémunération spécifique du personnel de l’enseignement supérieur. Ce décret, pourtant publié au Journal Officiel, n’est toujours pas appliqué dans son intégralité.
Autres points de frustration :
- Le non-versement des ristournes dues au titre des années universitaires 2022-2023 et 2024-2025 ;
- L’arrêt du financement des formations de formateurs, essentiel au développement du système éducatif guinéen ;
- L’absence persistante de prime de fonction, sous prétexte de statut particulier, alors même que ce statut reste inappliqué.
Cette accumulation de manquements affecte lourdement la motivation des enseignants-chercheurs et compromet, selon le SNAESURS, le bon fonctionnement des IES, IRS et Centres de Documentation et d’Information (CDI) à travers le pays.
Face à ce climat délétère, le syndicat formule trois exigences majeures :
- Le paiement immédiat des frais de formation aux détenteurs des attestations de financement ;
- Le versement des ristournes des deux dernières années académiques ;
- L’application intégrale du décret n°0027 sur les rémunérations spécifiques.
« À défaut de régularisation avant le 9 juin 2025, la suspension de la grève sera levée dès le 10 juin, dans toutes les institutions d’enseignement supérieur, de recherche scientifique et centres documentaires », prévient le SNAESURS.
Le syndicat met également en garde contre toute future immixtion du ministère dans les prérogatives des IES, notamment dans les processus d’inscription, la production des cartes d’étudiants ou toute autre compétence légalement attribuée aux établissements.
Selon une source interne, une rencontre est en préparation entre les parties concernées afin de tenter de désamorcer la crise. Mais à ce stade, le spectre d’un blocage généralisé de l’enseignement supérieur plane plus que jamais sur les campus guinéens.
Affaire à suivre de très près…
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