Un mémorandum interne adressé au président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) par quatorze secrétaires fédéraux issus de la Haute Guinée et de la Guinée forestière suscite une vive controverse au sein du parti. Dans ce document, les signataires proposent notamment la réintégration des cadres exclus, l’organisation d’un congrès unitaire et la transition du président Cellou Dalein Diallo vers un rôle de président d’honneur.
Initialement destiné à rester confidentiel, le mémorandum a fuité dans l’espace public, déclenchant une vague de réactions et mettant en lumière les tensions internes qui traversent l’UFDG. Dans un souci d’éclaircissement, Africaguinee.com a recueilli les témoignages de plusieurs fédéraux concernés.
Des positions divergentes sur la genèse de l’initiative
À Macenta, où s’est tenue l’une des réunions ayant conduit à la rédaction du texte, Moussa Kourouma, secrétaire fédéral, revient avec amertume sur les circonstances :
« Nous avons adhéré à la démarche en pensant œuvrer pour la préservation du parti. Certains camarades ont exprimé leurs inquiétudes et proposé qu’on formule des suggestions à l’endroit du président. Nous avons accepté de participer. Mais à notre grande surprise, cela s’est transformé en tentative de manipulation. Le document s’est retrouvé dans la presse sans notre accord. Cette affaire a détérioré nos relations internes. Je préfère ne plus m’exprimer là-dessus », déclare-t-il.
Des soutiens assumés à la démarche
D’autres, à l’image de Richard Mory Kamano, secrétaire fédéral de Kissidougou, assument pleinement leur implication. Pour lui, il s’agissait de faire face à une situation urgente :
« Le parti est sous pression. La justice ordonne la réintégration de certains cadres, comme Ousmane Gaoual Diallo, et le ministère de l’Administration du Territoire exige la tenue d’un congrès dans un délai de 45 jours, faute de quoi le parti pourrait être disqualifié. En tant que militants de longue date, il était de notre responsabilité d’agir. »
Il poursuit :
« Nous avons proposé trois choses : la réintégration des exclus, l’organisation d’un congrès unitaire et la désignation d’un successeur par le président, avec le statut de président d’honneur pour ce dernier. »
Kamano regrette que la polémique ait éclipsé le fond du débat :
« Ce document n’a été imposé à personne. J’ai 75 ans, personne ne peut m’influencer. Certains refusent d’assumer leur signature, mais moi, je ne regrette rien. »
Un cri d’alarme pour sauver le parti
À Kankan, le doyen Antoine Dobo Guilavogui, qui a accueilli une autre réunion préparatoire, partage le même diagnostic :
« Il ne s’agit que de propositions pour sauver un parti menacé. Ce n’est ni un acte de rébellion ni une remise en cause de la légitimité du président. Ceux qui crient au scandale se trompent de combat. Le danger est réel, et nous avons agi en conscience. »
Un appel à la lecture et à la compréhension du mémorandum
Lancine Keita, secrétaire fédéral de Siguiri, abonde dans le même sens, tout en appelant à une lecture attentive du document :
« Ce n’est pas la première fois que les fédéraux se retrouvent pour discuter de l’avenir du parti. La situation actuelle impose des réflexions sérieuses. Nous ne voulons pas la dissolution de l’UFDG, que nous avons contribué à bâtir. »
Il précise :
« Nous avons évoqué le cas de Cellou Dalein Diallo, en exil, et estimé qu’un retour précipité serait risqué, compte tenu du climat judiciaire. Nous avons donc proposé une transition en douceur, sans intention de le marginaliser. »
Face aux soupçons de manipulation, il répond fermement :
« Nous n’avons pas été manipulés. Ce mémorandum est notre œuvre collective. Quant aux accusations de corruption, je n’ai reçu que 30 millions GNF. Je mets au défi quiconque d’apporter la preuve qu’on m’a acheté. »
Une crise révélatrice des tensions internes
Alors que certains cadres tentent de minimiser l’ampleur de la polémique, la fuite de ce mémorandum met en lumière les divisions qui secouent l’UFDG à l’approche d’échéances majeures. Les signataires affirment agir par loyauté envers le parti et son président, tout en appelant à un sursaut collectif pour éviter le pire.
Affaire à suivre…
Par nimba224.com






