Et si Ahmed Kanté était rattrapé par ses déclarations devant les juges ?
Ancien homme fort du régime Conté, Ahmed Kanté avait finalement comparu devant les juges du tribunal de première instance de Kaloum pour répondre des faits d’abus de confiance et concurrence déloyale au préjudice de la société African Bauxite Corporation (ABC). Dos au mur, l’ex ministre des mines et actuel patron de la société AGB2A-GIC, avait nié en bloc les charges articulés contre lui ainsi que deux autres Claude Lorcy et Philippe Roger.
Forts de la culpabilité de l’accusé qui comparaissait, les conseils de la société ABC se sont employés à l’amener à fléchir bien qu’il soit campé en ayatollah sur sa position de dénégation systématique à tout prix. Acculé par les questions de Me Touré et de son confrère, Ahmed Kanté a déclaré que les contrats damodiation avait été annulé par le ministre des mines Magassouba. Alors qu’il ne revenait pas à un ministre de procéder à l’annulation d’un contrat. De surcroît celui-ci, alors directeur général de la Soguipami avait, de force ou gré reconnu avoir signé des contrats avec toutes les entreprises en se donnant le privilège de faire remplacer la société ABC dans la gestion des contrats
damodiation qui avait été signé entre Eransian ressource mining et les détenteurs de permis dont Axis et GBT.

Avant l’ouverture du procès, ABC a enclenché en janvier 2022 une procédure pénale devant le TPI de Kaloum. Au cours des trois mois qui ont suivi, l’étape de l’enquête préliminaire a été franchie avec la décision d’ouvrir l’affaire pénale. Une enquête préliminaire a d’abord été menée par la gendarmerie et plus tard, le procureur de Kaloum a transféré le dossier à la police. Lorsque l’affaire pénale a été ouverte plus tard, un juge d’instruction a été nommé (Abdoulaye Soumah). Celui-ci a découvert qu’Akhmed Kanté est le principal actionnaire de GIC (actionnaire à 58% d’AGB2A et actionnaire unique d’AGB2A-GIC). En janvier 2023, à la suite de l’enquête le juge d’instruction Soumah a publié l’ordonnance gelant tous les avoirs dont Ahmed Kanté est le principal actionnaire (la référence à l’ordonnance)
Durant la période d’enquête, Ahmed Kanté et sa société GIC ont signé l’accord avec SD Mining pour diviser les zones minières sur les permis miniers GBT et Axis (le lien vers le protocole). Chaque société (GIC et SDM) a créé ses propres filiales à 100 % et a commencé à faire de l’exploitation minière sous l’égide de ces sociétés (GIC a créé AGB2A-GIC, SDM a créé AGB2A-SDM). Le projet de scission n’a pas été reconnu comme légitime par le ministère des Mines.
Durant l’enquête, Claude Lorcy avait commencé à coopérer avec la justice et avait même livré la véritable histoire de ce qui s’était passé. En septembre 2023, de retour de Paris où il effectuait un contrôle de santé, avec d’étranges obstacles, il s’est soudainement éteint. Aucune enquête n’a été menée à ce sujet.
En 2023, AGB2A-GIC a signé le contrat avec Sinohydro pour exploiter leurs parties d’Axis et GBT et construire l’installation portuaire. ABC a alors informé Sinohydro et l’ambassade chinoise de la situation avec Kanté, qu’il faisait l’objet d’une enquête criminelle. De plus, Sinohydro a décidé de poursuivre son activité auprès de la personne faisant l’objet d’une enquête pénale.
Pour les conseils de la société ABC plusieurs êtres autres plausibles accablent Ahmed Kanté.
Nous y reviendrons !
A. Fofana






