À l’approche de la fête de Tabaski, la plus grande célébration musulmane, l’inquiétude monte dans les foyers guinéens, en particulier à Conakry, où les prix du mouton connaissent une flambée sans précédent. Sur les différents marchés à bétail de la capitale, certains spécimens sont désormais vendus jusqu’à 4 500 000 francs guinéens, une situation qui suscite colère et désarroi chez de nombreux fidèles.
De l’intérieur du pays à Conakry, en passant par les grands carrefours du commerce de bétail comme Madina Gare, Kaporo Rails, Enco 5, Cosa, Aviation ou encore le KM36, les prix s’envolent, alors que les portefeuilles des consommateurs s’amenuisent. Cette fête, qui commémore le sacrifice du prophète Abraham à travers l’immolation d’un mouton, arrive dans un contexte socio-économique particulièrement tendu.
Sur le terrain, les vendeurs tentent tant bien que mal de se justifier. Thierno Diallo, marchand de bétail depuis plus de dix ans, évoque les charges qu’il supporte :
« Ce n’est pas nous qui faisons flamber les prix. Les moutons sont devenus chers même dans les villages. Il faut payer le transport, les soins, la nourriture, et parfois attendre plusieurs jours avant de vendre. Les prix varient selon la taille et la provenance : on peut trouver des moutons à 1 million, 1,5 million, 2 millions, mais certains vont jusqu’à 4,5 millions », explique-t-il.
Mais ces arguments ne rassurent pas les acheteurs. Amara Konaté, venu au marché avec 1 800 000 GNF, peine à trouver un animal convenable.
« Le vendeur me demande 2 500 000 GNF et refuse toute négociation. Je suis dépassé. À ce rythme, je vais devoir me rabattre sur une autre option », déplore-t-il.
Face à cette inflation, certains fidèles ont trouvé une alternative : acheter un bœuf à plusieurs, et se partager la viande entre familles, une solution économique face à l’inaccessibilité des moutons.
La Tabaski 2025 risque donc d’être marquée par des sacrifices symboliques pour de nombreuses familles guinéennes, qui devront jongler entre tradition religieuse et réalité économique.
Par O. Bangoura






