mercredi, février 11, 2026
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Subvention au mouvement syndical : entre manque de transparence et querelles internes

La gestion des subventions accordées aux syndicats guinéens est une nouvelle fois au cœur des débats. Suite aux récentes déclarations du ministre du Travail et de la Fonction publique, François Bourouno, affirmant que le gouvernement a alloué une subvention de 3 milliards de GNF au mouvement syndical pour l’année 2024, plusieurs voix se sont élevées, alimentant des suspicions et des controverses sur la répartition de ces fonds et leur utilisation.

Elhadj Amadou Diallo, secrétaire général de la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG), a tenu à apporter des éclaircissements. Selon lui, les informations relayées ne reflètent pas la réalité : « Nous n’avons reçu que 2 milliards GNF. Le gouvernement nous reste devoir près de 14 milliards GNF », a-t-il déclaré ce lundi, lors d’une rencontre au siège de son organisation. Il a également souligné que cette subvention annuelle vise à couvrir les frais de fonctionnement des organisations syndicales.

Cependant, cette déclaration ne semble pas dissiper toutes les interrogations. Si la clef de répartition des fonds semble reposer sur un protocole d’accord signé avec le gouvernement, elle continue de susciter des frustrations, notamment parmi les syndicats dits “moins représentatifs”. En effet, la CNTG, avec ses 20 structures affiliées, reçoit 70,89 % des fonds, tandis que l’USTG perçoit 24,29 %. Le reste est partagé entre les autres centrales syndicales, reléguées à un second plan.

Ce déséquilibre dans la répartition nourrit un sentiment d’injustice chez certains acteurs syndicaux, qui estiment être marginalisés par les grandes confédérations. « Les centrales doivent penser à leurs structures », a martelé Amadou Diallo, tout en précisant que ce n’est « pas une obligation ». Cette déclaration, bien que conforme aux règles établies, a été perçue par certains comme un manque de solidarité syndicale et une illustration du sentiment de supériorité affiché par les grandes confédérations au détriment des autres.

Si certains leaders syndicaux saluent la gestion d’Amadou Diallo, qu’ils jugent transparente et bénéfique pour le rayonnement du mouvement syndical, d’autres estiment que cette posture traduit une gestion paternaliste et une centralisation excessive des ressources. Ces critiques mettent en lumière une fracture au sein du mouvement syndical, où les rapports de force semblent privilégier les organisations les plus influentes, au détriment d’une véritable unité et d’une solidarité entre camarades.

Pour apaiser les tensions et garantir une gestion équitable, une communication plus inclusive et une révision des mécanismes de répartition pourraient s’avérer nécessaires. Car au-delà des querelles internes, c’est l’image et la crédibilité du mouvement syndical guinéen qui sont en jeu.

Par Ousmane Bangoura 663248787

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