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Siguiri : Colère à Tatakourou, les populations en guerre pour sauver leur marigot menacé par l’exploitation minière

Siguiri, le 12 mars 2025 – C’est une mobilisation inédite qu’a connue la ville de Siguiri ce lundi. Plus d’une centaine d’habitants du village de Tatakourou, situé dans la sous-préfecture de Doko, ont envahi les locaux de la préfecture pour dénoncer l’exploitation anarchique de leur unique marigot par des orpailleurs étrangers, à l’aide d’engins lourds.

Cette action de protestation, menée tambour battant, fait suite à une série de plaintes restées sans suite. Les habitants, visiblement à bout de patience, redoutent la disparition pure et simple de ce marigot, considéré comme vital pour leur survie économique et sociale.

« Notre marigot est notre vie »

« Cela fait longtemps que nous tirons la sonnette d’alarme. Ce marigot est le plus grand entre Siguiri et Kouremalé. Il fait partie de notre histoire et de notre quotidien. Aujourd’hui, il est en train de disparaître sous les dents des poclains des orpailleurs. Ce n’est pas acceptable ! », s’indigne El Hadj Mouctar Diawara, figure respectée de la localité.

Selon lui, les activités agricoles, l’élevage et d’autres moyens de subsistance dépendent entièrement de ce cours d’eau. « Nos animaux tombent dans les trous laissés par les machines. Nos terres sont dévastées. Le gouvernement a pourtant interdit ce type d’exploitation, mais les autorités locales ferment les yeux. »

Les femmes de Tatakourou, elles aussi, ont tenu à faire entendre leur voix. En première ligne de cette marche pacifique, elles réclament l’intervention urgente du préfet pour mettre fin à l’usage des engins mécaniques dans la zone.

« C’est la neuvième fois qu’on saisit le sous-préfet à Doko. On est venues vendredi, le préfet nous a demandé de revenir ce lundi. Aujourd’hui, on ne le voit toujours pas. Ce silence est insupportable », fustige Massé Simangan, porte-voix du collectif féminin.

Sogbè Kouyaté, une autre manifestante, renchérit : « Nous exigeons le retrait immédiat des poclains. Ce marigot nous permet de nourrir nos familles. Il est hors de question qu’il soit détruit au profit d’orpailleurs expatriés. Le préfet doit agir ! »

Contacté par nos soins, le préfet de Siguiri, le colonel Douramoudou Keïta, a expliqué qu’il était en déplacement à l’hôpital au moment de la manifestation. Il promet toutefois de prendre les dispositions nécessaires pour régler le différend.

En attendant une décision concrète, les populations de Tatakourou, unies dans une rare détermination, affirment qu’elles n’abandonneront pas leur combat. Pour elles, préserver le marigot, c’est préserver leur avenir.

Par F. Keita

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