
Dans les rues de Kaloum, de Kipé jusqu’à Bambeto, un spectacle inquiétant se déroule chaque nuit sous les regards indifférents des autorités censées assurer l’ordre public. Prostitution, consommation de drogues, violence, et complicités policières : la capitale guinéenne semble être livrée à une anarchie où les forces de l’ordre jouent parfois le rôle de protecteurs… mais pas des citoyens.
Kaloum : Une Plaque Tournante du Commerce Sexuel
Si Kaloum est le centre administratif et économique du pays, elle est aussi devenue une zone rouge pour la prostitution. Dès la tombée de la nuit, la route du Club Bembeya, l’axe derrière Ecobank, et surtout la 5ᵉ Avenue au niveau du Club B52 se transforment en marché du sexe à ciel ouvert. Ici, des jeunes filles, souvent mineures, exposent leurs corps dans des tenues provocantes, à la recherche de clients sous les lampadaires faiblement éclairés.
Pire encore, certaines d’entre elles ne se contentent pas de racoler. Dans l’obscurité des ruelles, des actes sexuels sont parfois commis en pleine rue, sous les regards des passants et des automobilistes. Un phénomène qui choque, mais qui, visiblement, ne dérange pas les autorités.
Drogues, Alcool et Débauche : Une Liberté Totale

Aux abords du carrefour Limaniya, près de la routière de Kaloum, la situation est tout aussi alarmante. Les consommateurs de drogues y trouvent un refuge nocturne, entre alcool frelaté et substances illicites, souvent en compagnie des prostituées, qui y voient une clientèle fidèle.
Et pourtant, pas l’ombre d’une intervention policière. Les hommes en uniforme, bien que présents dans la zone, semblent plus occupés à fermer les yeux – ou à profiter du système – qu’à protéger les citoyens.
L’Aéroport et Kipé : Une Prostitution Qui Ne Se Cache Plus

Le phénomène ne se limite pas à Kaloum. Autour de l’Aéroport International de Conakry, il est courant d’apercevoir des femmes enceintes ou de très jeunes filles vêtues de manière suggestive, errant à la recherche de clients.
À Kipé, autour de l’école française, et tout le long de l’axe Kaporo Rails-Bambeto, la prostitution a également pris une tournure inquiétante. La présence des gangs armés dans ces quartiers rend la situation encore plus explosive. Ces réseaux criminels, loin de se cacher, protègent ces filles et imposent un climat de terreur à toute personne qui tenterait de s’opposer à leur activité.

La Police des Mœurs : Entre Complicité et Inaction
Face à cette situation, une question se pose : où est la police des mœurs ?
Ces forces censées réguler la moralité publique et lutter contre les crimes liés à la prostitution semblent absentes, voire complices.
Des témoignages font état de certains agents en uniforme qui, loin de réprimer ce fléau, protègent ces réseaux en échange d’argent ou de faveurs sexuelles. Des prostituées bénéficiant de leur soutien échappent aux rares descentes policières, tandis que d’autres sont malmenées ou rackettées lorsqu’elles refusent de coopérer.
Un Fléau Qui Ne Fait Qu’Empirer
Si rien n’est fait, la situation ne fera qu’empirer. Le laisser-faire des autorités et la corruption des forces de l’ordre donnent à ces réseaux une totale impunité. Pendant que les citoyens vivent dans la peur et l’indignation, les proxénètes, les dealers et certains policiers corrompus prospèrent.
La question est donc simple : jusqu’à quand la Guinée tolérera-t-elle cette dérive ? Quand les autorités prendront-elles leurs responsabilités pour éradiquer ce commerce du corps, protéger la jeunesse et restaurer l’ordre public ?
Si la police des mœurs ne remplit plus son rôle, alors à qui revient la tâche de protéger l’image de notre sociétéet la sécurité de nos rues ?
Par M. Diallo






