COYAH — Le procès de l’artiste guinéen Mohamed Seydouba Bangoura, alias Singleton, poursuivi pour homicide involontaire après un accident de circulation ayant coûté la vie à un sexagénaire, a connu de nouveaux rebondissements ce mercredi 3 septembre 2025 au tribunal de première instance de Coyah.
Alors que la famille de la victime, les Traoré, a officiellement accordé son pardon à l’artiste, le tribunal a suspendu l’audience afin d’examiner la demande de comparution d’un témoin clé et la production de documents jugés essentiels par la partie civile et le parquet.
Dans une salle d’audience comble, Mohamed Traoré, représentant de la famille du défunt, a annoncé publiquement le pardon accordé à Singleton.
Un geste motivé par l’intervention du Kountigui de la Basse Côte, venu personnellement plaider en faveur de l’artiste. « Au nom de la famille Traoré, nous pardonnons à Singleton, car aujourd’hui c’est lui, mais demain ça peut être nous », a déclaré Mohamed Traoré, tout en rappelant que le pardon ne signifiait pas un renoncement aux procédures légales.
Malgré ce geste de réconciliation, l’affaire reste pendante devant la justice.
La partie civile et le ministère public ont demandé la comparution de dame Mabinty Touré, présentée comme témoin oculaire du drame, ainsi que la production des permis de conduire de l’artiste et de son épouse. Pour le parquet, Singleton n’a jamais explicitement reconnu une négligence dans ce dossier, ce qui justifie l’examen approfondi des preuves.
De son côté, la défense a rejeté ces demandes, estimant qu’elles étaient inutiles puisque l’accusé avait déjà reconnu les faits et sollicité le pardon.
Face à cette divergence, le juge Philippe Gonga Mamy a suspendu l’audience, le temps de statuer sur la recevabilité de ces nouvelles requêtes.
Le pardon de la famille, bien que moralement important, n’a pas d’effet juridique immédiat. La décision finale revient au tribunal, qui devra trancher entre la poursuite des débats ou un passage direct aux plaidoiries.
En attendant, le procès Singleton illustre à la fois la volonté de réconciliation sociale et la nécessité pour la justice guinéenne de faire respecter la loi dans toute sa rigueur.
Par Amara CAMARA






