À quelques mois de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, prévue pour octobre 2025, le célèbre artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly est monté au créneau avec un message fort et sans ambiguïté. Dans une récente vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, la figure emblématique du reggae africain interpelle directement le président Alassane Ouattara : si Laurent Gbagbo ne se porte pas candidat, alors lui non plus ne devrait pas briguer un nouveau mandat.
« J’ai un message solennel à adresser au Président de la République : si le président Laurent Gbagbo ne se présente pas, il est important que lui-même (Ouattara) ne le soit pas non plus », a-t-il déclaré.
Pour l’artiste engagé, cette posture est essentielle pour permettre un véritable renouveau démocratique en Côte d’Ivoire, et éviter la perpétuation d’un duel politique usé entre figures historiques du pays.
Tiken Jah Fakoly, qui s’est toujours exprimé sur les grandes questions nationales, déplore par ailleurs le climat politique actuel et les tensions croissantes à l’approche du scrutin. Il évoque la douleur d’un peuple désabusé, prisonnier d’un cycle sans fin de rivalités politiques et d’impunité.
« Beaucoup d’Ivoiriens sont tristes. Ce que nous voyons aujourd’hui, nous ne pensions pas que cela se reproduirait. Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui ont été victimes d’un système qu’ils semblent vouloir imposer à leur tour à l’opposition », a-t-il regretté, avant de rappeler le lourd tribut payé par le pays : « La Côte d’Ivoire a connu trop de morts, trop de vies perdues. »
S’appuyant sur l’impératif de justice et de réconciliation, le chanteur a également dénoncé le silence autour des 3 000 morts de la crise post-électorale de 2010-2011, pour lesquels aucun coupable n’a été jugé à ce jour. Un constat d’échec, selon lui, qui alimente la méfiance et la colère des populations.
Tiken Jah appelle ainsi à une élection libre, transparente et véritablement inclusive, où l’intérêt du peuple primera sur les ambitions personnelles. Un appel à la sagesse lancé non seulement aux leaders politiques, mais aussi à l’ensemble de la société civile ivoirienne.
« Le pays a besoin d’un vrai souffle nouveau. Il est temps de tourner la page et de faire place à une nouvelle génération. »
Le message est lancé. Reste à savoir s’il sera entendu.
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