jeudi, février 12, 2026
AccueilACTUALITÉSPOLITIQUE — Référendum constitutionnel : silence stratégique des grands partis face à...

POLITIQUE — Référendum constitutionnel : silence stratégique des grands partis face à un tournant historique

Conakry – Alors que la Guinée entre dans une phase décisive de sa transition avec la convocation du corps électoral pour le référendum constitutionnel prévu le 21 septembre 2025, un constat intrigue : les principaux partis politiques du pays observent un silence lourd de sens, voire stratégique.

En effet, ni l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), ni le RPG Arc-en-ciel, encore moins l’Union des Forces Républicaines (UFR), n’ont pour l’heure pris position publiquement sur cette étape majeure du retour à l’ordre constitutionnel. Un mutisme qui contraste avec l’enjeu national que représente ce scrutin référendaire.

Contacté par notre rédaction, un haut cadre de l’UFDG – l’un des partis les plus influents de l’opposition – a confirmé que le sujet sera examiné ce mercredi en Conseil Politique. « Le parti se prononcera officiellement après cette réunion », a brièvement déclaré notre interlocuteur, visiblement soucieux de ne pas devancer une décision collective. Une manière prudente d’éviter les interprétations précipitées sur une question aussi sensible que le projet de nouvelle Constitution.

 

Du côté du RPG Arc-en-ciel, ancien parti au pouvoir, et de l’UFR, dirigée par Sidya Touré, c’est le black-out total. Les responsables approchés n’ont, jusqu’ici, donné aucune suite ou commentaire sur la convocation du référendum par le Président du CNRD, Général Mamadi Doumbouya.

Un silence interprété par certains analystes comme une forme de réserve politique, mais aussi comme une position de principe face à un processus constitutionnel qu’ils ont, dès le départ, contesté ou jugé inopportun.

Le décret convoquant les Guinéens aux urnes a été officiellement publié. Le scrutin se tiendra le dimanche 21 septembre 2025, avec des bureaux de vote ouverts de 7h à 18h. Il s’agit là de l’un des moments les plus cruciaux depuis la prise du pouvoir par le CNRD en septembre 2021.

Pourtant, l’absence de prise de parole claire des formations politiques historiques jette une ombre sur le climat pré-référendaire. Une source proche d’un parti de l’opposition justifie cette posture :

« Nous restons cohérents avec notre position de principe. Dès lors que nous avons rejeté le projet de texte, il n’est pas question pour nous d’accompagner sa mise en œuvre, même par des commentaires. »

Dans un pays où la participation politique est souvent agitée par des clivages profonds, le silence des partis majeurs pourrait soit refléter une stratégie de boycott progressif, soit un repositionnement tactique à l’approche des échéances électorales futures. Ce mutisme peut aussi traduire une forme de prudence dans un contexte où la transition politique reste surveillée par les partenaires internationaux et scrutée par l’opinion publique nationale.

Mais jusqu’à quand ces formations garderont-elles le silence ? Le peuple est appelé à trancher. Et l’histoire jugera ceux qui auront parlé… comme ceux qui auront choisi de se taire.

 

Par Ousmane Bangoura

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -
CIAO

Most Popular

Recent Comments