mercredi, février 11, 2026
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Négociations éducatives : le SLECG affiche sa confiance et défend des « avancées concrètes »

CONAKRY — À contre-courant de la FSPE et du SNE, qui dénoncent un manque de volonté politique de l’État à l’issue des récentes discussions autour du mémorandum de l’intersyndicale, le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) se veut résolument optimiste. Son porte-parole, Mohamed Bangoura, alias « Roméo », assure que « les avancées sont réelles » et affirme que « le gouvernement a montré sa volonté de satisfaire les priorités des enseignants de Guinée ».

Contrairement aux accusations de blocage, le SLECG précise que le report des discussions à janvier 2026 n’a pas été imposé. Selon Mohamed Bangoura, les autorités ont sollicité ce délai pour des raisons techniques, notamment afin de permettre au ministère de l’Enseignement pré-universitaire de produire une cartographie exhaustive de ses structures.

Objectif affiché : donner au ministère du Budget une meilleure visibilité sur le fonctionnement des directions communales de l’éducation (DCE), afin de calibrer correctement les primes de fonction destinées aux cadres et techniciens.

Sur le dossier sensible des enseignants contractuels communaux non retenus, le SLECG revendique une approche pragmatique. Le syndicat reconnaît les effets négatifs du protocole additionnel de 2024, qui a exclu des enseignants expérimentés pour des raisons d’âge.

Si le gouvernement avait initialement considéré le dossier clos après le versement d’une prime de séparation de 6 millions GNF, le SLECG se félicite d’avoir remis la question sur la table : « Nous avons proposé de recruter en priorité ceux qui ont déjà la moyenne et une expérience avérée en classe », explique Mohamed Bangoura.

Le gouvernement aurait donné un avis favorable à un engagement par concours, conformément à la loi, mais avec des modalités assouplies pour les enseignants ayant déjà fait leurs preuves.

Le SLECG dit vouloir dépasser le débat des primes transversales, communes à toute la fonction publique, pour se concentrer sur un chantier jugé structurant : la révision et l’adoption du statut particulier de l’Éducation.

« Ce que la FSPE et le SNE ignorent, c’est que ce statut comporte 35 primes spécifiques à la fonction enseignante », insiste Roméo.

Ce texte, attendu depuis 19 ans, devrait être entériné par décret présidentiel et constitue, selon le syndicat, le seul levier durable d’amélioration des conditions de vie des enseignants.

Dans cet entretien, Mohamed Bangoura n’a pas éludé les rivalités syndicales, accusant le SNE d’avoir été créé en 2018 pour affaiblir le SLECG, et rejetant les déclarations de Michel Pépé Balamou annonçant le déclin de son organisation.

« Ce tandem ne nous ébranle pas. Nous avons des enseignants conscients et talentueux. Nous n’avons pas besoin d’agitation pour exister », tranche-t-il.

Le porte-parole a par ailleurs rappelé les acquis revendiqués par le SLECG :

prime hors statut : 1 975 000 GNF ; prime de craie : 375 000 GNF ; prime de préparation : 400 000 GNF ; prime de documentation : revalorisée de 300 000 à 1 200 000 GNF.

Face aux critiques sur l’étalement mensuel de ces primes, il dénonce des manœuvres de déstabilisation et invoque la ligne de conduite prônée par la Confédération Syndicale Internationale (CSI) : prudence et négociation en période de crise.

Le SLECG a enfin réaffirmé sa confiance en ses leaders, Kadiatou Bah et Aboubacar Soumah, et donne rendez-vous aux enseignants en janvier 2026 pour l’aboutissement du nouveau statut particulier.

Un pari assumé sur le dialogue, là où d’autres syndicats agitent déjà la menace d’une reprise de la grève.

 

 

 

F. KEÏTA

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